Goldman Sachs a décidé de différer son projet d'ouvrir une salle de marché destinée au courtage des cryptomonnaies, rapporte mercredi la presse américaine, ce qui faisait chuter le bitcoin.

Publié le 5 sept. 2018
AGENCE FRANCE-PRESSE

La devise virtuelle la plus connue s'échangeait aux alentours de 7000 dollars vers 10h00, en baisse de 5% comparé à la veille.

Face aux incertitudes réglementaires, Goldman Sachs aurait décidé de suspendre pour l'instant son projet d'échanger des produits financiers liés au bitcoin, assure le site financier Business Insider, citant des sources anonymes.

Ce projet ne fait plus partie des priorités de la banque, qui va se concentrer sur la détention des cryptomonnaies pour certains clients.

Contactée par l'AFP, la firme n'a ni démenti ni confirmé ces informations.

«En réponse à l'intérêt des clients pour différents produits numériques, nous explorons comment mieux les servir dans cet espace», a déclaré à l'AFP Michael Duvally, un porte-parole. «À ce stade nous n'avons pas encore arrêté une conclusion sur l'étendue de notre offre sur les actifs liés aux monnaies numériques», a-t-il ajouté, dans un courriel.

Début mai, des sources proches du dossier avaient indiqué à l'AFP que Goldman Sachs s'apprêtait à effectuer en interne de premières transactions liées au bitcoin.

Elle avait recruté Justin Schmidt, 38 ans, un ancien courtier du hedge fund new-yorkais Seven Eight Capital, spécialiste du courtage de produits financiers liées aux monnaies virtuelles.

M. Schmidt avait été propulsé, selon ces mêmes sources, responsable des marchés d'actifs numériques et devait s'assurer que l'établissement sera prêt à moyen terme pour des échanges de bitcoins physiques en cas de feu vert des régulateurs.

Les ambitions de Goldman Sachs avaient donné de la légitimité au bitcoin, cryptomonnaie opaque qui divise les milieux financiers.

Le bitcoin, qui s'appuie sur un système de paiement de pair-à-pair basé sur la technologie dite «blockchain» ou «chaîne de blocs», a été lancé en 2009 et s'échange essentiellement sur internet sans être régulé.

Cette absence de contrôle en a fait un actif prisé des malfrats et autres trafiquants souhaitant blanchir de l'argent sale.