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La baisse des seuils d'immigration inquiète le secteur manufacturier

La grande majorité des postes à pourvoir dans... (Photo David Boily, archives La Presse)

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La grande majorité des postes à pourvoir dans le milieu manufacturier sont des emplois non spécialisés, comme des postes de journaliers et de manutentionnaires, et les entreprises ont beaucoup de mal à recruter ici.

Photo David Boily, archives La Presse

ISABELLE MASSÉ

À la lumière de l'énoncé de la Coalition avenir Québec (CAQ), mardi, au sujet des seuils d'immigration que son gouvernement souhaite revoir à la baisse, le secteur manufacturier dit être préoccupé.

« On est dans un contexte de pénurie de main-d'oeuvre, explique Véronique Proulx, PDG de Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ). Les manufacturiers n'arrivent pas à fournir. Il est clair que la solution n'est pas de réduire le seuil d'immigration. »

La grande majorité des postes à pourvoir dans le milieu manufacturier sont des emplois non spécialisés, comme des postes de journaliers et de manutentionnaires, et les entreprises ont beaucoup de mal à recruter ici. 

« Souvent, on se tourne vers l'immigration temporaire, qui relève du fédéral, explique Véronique Proulx. On demande à M. Legault de travailler avec M. Trudeau pour accélérer le processus. Par ailleurs, le ministre du Travail s'en vient avec un plan en ce qui a trait à la pénurie de main-d'oeuvre. »

« La solution n'est pas simple. Ça prend des gestes concrets et rapides. On en parle depuis plusieurs années. Les manufacturiers ne peuvent plus attendre. » 

Le nouveau PDG de la Corporation des concessionnaires automobiles du Québec, Robert Poëti, confirme que la pénurie « criante » de main-d'oeuvre au Québec oblige les concessionnaires à aller recruter aussi loin qu'en Tunisie. 

« Nous avons besoin de débosseleurs et il est déjà prévu qu'une trentaine de travailleurs tunisiens vont venir au Québec [au cours des prochains mois], précise-t-il. Nous allons nous assurer qu'ils ont les qualifications requises pour exercer ce travail chez nos concessionnaires. »

Le gouvernement Legault a annoncé qu'il voulait réajuster à la baisse de 24 %, soit à 40 000, le seuil de nouveaux arrivants en 2019. Selon son plan d'immigration du Québec pour l'année 2019, les objectifs d'admission de la CAQ sont de 21 700 à 24 300 personnes en ce qui a trait à l'immigration économique. Le gouvernement vise entre 18 000 et 20 100 travailleurs qualifiés et de 3100 à 3400 hommes ou femmes d'affaires.

Or, hier matin, quelques heures avant que la Ville de Montréal ne dévoile son premier plan d'action en matière d'immigration et d'intégration des nouveaux arrivants, Valérie Plante a aussi demandé au gouvernement d'être « très proactif sur la question de la main-d'oeuvre », alors que 3 % des postes dans l'île sont inoccupés. 

« Le message du gouvernement est d'avoir moins d'immigrants, mais d'en prendre soin, dit la mairesse. On a hâte de voir quelles sont ses mesures pour en prendre soin. [...] Il nous faut de la main-d'oeuvre qualifiée. L'immigration n'est pas la seule solution, mais c'en est une très importante. »

Bonne intégration

Au-delà du seuil fixé, la communauté d'affaires prône évidemment une bonne intégration au monde du travail des nouveaux arrivants économiques, alors que se dessine aussi une décroissance de la population active.

« Dans le contexte actuel de resserrement démographique et de plein emploi, la principale préoccupation du milieu des affaires est la disponibilité d'une main-d'oeuvre qualifiée répondant aux besoins des entreprises », dit Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, dans un communiqué. 

« C'est la raison pour laquelle la Chambre a réclamé au cours des dernières années une meilleure sélection des nouveaux arrivants en fonction des besoins du marché du travail et par la suite un rehaussement du seuil d'immigration annuel, à 60 000, qui permettrait de rassurer les entreprises tout en contribuant à maintenir le poids démographique du Québec au sein du Canada. »

L'économiste en chef de Desjardins, François Dupuis, estime que la baisse des seuils d'immigration est un choix politique. 

« Le gouvernement aurait pu aussi conserver les seuils actuels mais être plus sélectif, parce que les besoins sont là. Les entreprises sont rendues super agressives, elles vont elles-mêmes chercher les employés dont elles ont besoin », dit-il.

Du côté de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), on souhaite aussi que ce seuil réajusté soit temporaire. 

« Améliorer la sélection et accélérer le rythme d'accueil seraient une forme de compensation pour la réduction des seuils à court terme. La position du gouvernement, et je pense que le gouvernement en est très conscient, ne pourra pas durer en raison de la décroissance de la population en âge de travailler, depuis 2014 », soutient son PDG Stéphane Forget, dans un communiqué. 

« La sélection des immigrants économiques doit se faire sur la base de l'employabilité et non en fonction du niveau de formation académique. Il importe de donner priorité aux candidatures qui détiennent une offre d'emploi en bonne et due forme. »




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