La Coalition avenir Québec (CAQ) veut que les parlementaires débattent de l'avenir de la Société des alcools du Québec (SAQ) à la suite du dépôt du rapport de la Commission de révision permanente des programmes qui recommandait la fin du monopole de la SAQ.

Mis à jour le 22 sept. 2015
André Dubuc LA PRESSE

Dans une lettre adressée au début du mois au président de la Commission des finances publiques, le député François Bonnardel demande que la Commission entreprenne un mandat d'initiative concernant «la possible fin du monopole actuel de la SAQ et l'ouverture à la concurrence du marché de la vente d'alcool».

«Je veux que les gens sachent qu'avec nous autres [à la CAQ], on est prêts à ouvrir ce monopole, en protégeant, oui, les dividendes que la SAQ envoie, mais en insistant pour que les Québécois aient une offre plus grande, a expliqué M. Bonnardel, au téléphone. Ça va assurément, sur certains vins, amener une baisse des prix.»

Au cours de cet entretien, le député de Granby et leader parlementaire du deuxième groupe d'opposition souhaite que la Commission se penche notamment sur le rôle des agents commerciaux, les barrières interprovinciales qui limitent l'offre de vins ontariens, une bonification de l'offre de produits dans les dépanneurs et les épiceries, l'identification des vins importés en vrac et les règles entourant la vente de vins par l'internet.

«Peu de Québécois savent que ce sont cinq gros agents commerciaux qui, eux-mêmes, dictent le prix au détail des vins qui vont être vendus à la SAQ. Gaétan Frigon évaluait le coût de ces agents, avec le pourcentage qu'on leur laissait - entre 15 et 20% -, à 150 millions. C'est un problème majeur. Pourquoi la SAQ n'utilise-t-elle pas ses propres ressources à l'interne pour aller négocier elle-même [avec les producteurs de vins]?»

Le patron de la SAQ talonné

À l'étude des crédits le 30 avril dernier, M. Bonnardel a talonné le patron de la SAQ, Alain Brunet, au sujet des agents commerciaux. M. Brunet n'a jamais confirmé les chiffres avancés par le député. Le président et chef de la direction s'est plutôt défendu en soulignant que ce n'était pas la SAQ qui payait la commission des agents, mais les producteurs de vins.

«La structure du marché intègre des agents promotionnels, a-t-il dit à cette occasion. C'est en dehors de la volonté de la SAQ parce que le marché est ouvert à cet égard-là. Ça fait partie de la décision du modèle d'affaires des producteurs qui viennent faire affaire ici au Québec», a-t-il soutenu.

La Commission des finances publiques se réunit en séance de travail le mercredi 23 septembre pour décider des suites à donner à la demande du député Bonnardel. Selon nos informations, les membres libéraux de la Commission semblent préférer mettre leur énergie sur le nouveau projet de loi qui veut étendre l'offre de vins québécois dans les épiceries et restaurants à la place du projet de loi 395.