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Festival de jazz de Montréal: changer la musique en retombées économiques

Le président du Festival de jazz de Montréal,... (Photo: Alain Roberge, archives La Presse)

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Le président du Festival de jazz de Montréal, Alain Simard

Photo: Alain Roberge, archives La Presse

Ross Marowits
La Presse Canadienne
Montréal

Le fondateur du Festival international de jazz de Montréal (FIJM), Alain Simard, organisait son événement autour d'un budget de 70 000 $ lorsque Ray Charles a ouvert la toute première présentation en 1980.

Il était alors loin de se douter que le festival éviterait la faillite et générerait des millions de dollars et autant de spectateurs, pour devenir l'un des événements estivaux les plus rentables au pays.

«On n'aurait jamais pu imaginer que ça deviendrait un symbole de Montréal et que ça générerait des retombées économiques de 100 millions de dollars chaque année», confie Alain Simard.

Le 36e Festival se déroulera du 26 juin au 5 juillet.

Les premières années ont été dures. Le festival a frôlé la faillite en 1986, lorsqu'un important commanditaire (une compagnie de cigarettes) s'est retiré au même moment que les coûts ont explosé en raison de l'ajout des deux premières scènes extérieures.

Alors que d'autres festivals de jazz, comme ceux de Newport ou de Montreux, exigeaient un coût d'entrée, celui de Montréal offrait gratuitement des concerts d'artistes plus méconnus à l'extérieur, et invitait les vedettes internationales à jouer dans des salles payantes.

La formule s'est révélée gagnante. Près de deux millions de festivaliers envahissent maintenant la Place des festivals chaque année durant le FIJM, qui est propulsé par un budget de 30 millions, qui comprend des subventions gouvernementales et des commandites corporatives. Environ 150 000 spectateurs paient entre 30 $ et 150 $ pour voir un concert en salle.

Les retombées représentent 63 millions pour l'économie touristique, créent environ 2000 emplois directs, et ajoutent des dizaines de millions de dollars d'impôts dans les coffres du gouvernement.

Le FIJM a attiré des géants du jazz tels que Miles Davis, Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan et Oscar Peterson, et contribué au succès de la carrière de Diana Krall. La vocation musicale de l'événement s'est élargie, pour accueillir Prince, Stevie Wonder, Brian Setzer et Aretha Franklin.

Pour Alain Simard, la performance la plus émotionnellement mémorable a été celle de Dave Bruebeck en 2009, au lendemain de la mort de son fils. Le pianiste s'est effondré en pleurs dans ses bras après avoir quitté la scène.

L'organisateur affirme que le jazz, parce qu'il était surtout instrumental, était une bonne façon d'éviter les tensions linguistiques, à peine un mois après le premier référendum du Québec.

«Je voulais faire quelque chose qui attirerait autant les Montréalais francophones qu'anglophones et les unirait. Et il semble que ça a marché», se réjouit-il.

Selon lui, les lieux de concert sont un territoire neutre où les gens de tous âges, de toute classe sociale et de tous horizons politiques, y compris des touristes américains, européens et asiatiques, peuvent avoir du plaisir ensemble.

D'après Robert Soroka, un professeur de marketing à l'Université McGill, tout commerçant ayant pignon sur rue dans un rayon de dix coins de rue bénéficie directement de l'arrivée des festivaliers, spécialement des Américains, qui «aiment la familiarité du jazz dans le décor d'un pays étranger».

Le festival a contribué à accélérer le développement du centre-ville qui a vu naître des salles de spectacle et des restaurants, et qui présente maintenant une grande portion piétonnière durant des événements tout au long de l'année.

Les commanditaires y trouvent leur compte aussi, tel que l'indique le vice-président du partenaire principal de FIJM depuis six ans, la banque TD Canada Trust. Selon Chris Stamper, cette commandite donne de la visibilité à la banque et attire les clients - un avantage particulièrement important à Montréal, où la banque torontoise est moins présente.

Alain Simard se souvient qu'un ancien président d'Alcan a raconté qu'une société minière avait couvert plus que le montant de sa commandite en incluant dans une entente lucrative un voyage en jet privé à Montréal à un client amateur de jazz.

«Cette entente, affirme M. Simard, a couvert entièrement le montant de notre commandite.»




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