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Deux commerçants ruinés par 5 années cauchemardesques

Les propriétaires du magasin Sens tes corps, Brigitte... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE)

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Les propriétaires du magasin Sens tes corps, Brigitte Lambert et M'barek Ed Douassi, ont décidé de fermer boutique, submergés de multiples problèmes qui rendent leur logement commercial insalubre, disent-ils.

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Après cinq années cauchemardesques entrecoupées de dégâts d'eau et de travaux interminables, deux commerçants de la Plaza St-Hubert ont entamé des procédures judiciaires contre leur propriétaire. Ils réclament le remboursement de la moitié du loyer déjà payé et un dédommagement avoisinant près de 60 000 $ pour compenser des pertes sur leur chiffre d'affaires.

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Dans l'arrière-boutique, des dégâts d'eau venant du plafond ont laissé des traces. Selon Brigitte Lambert et M'barek Ed Douassi, de la moisissure s'est rapidement développée dans la salle de bains.

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Brigitte Lambert et M'barek Ed Douassi sont au bout du rouleau. Propriétaires de la boutique Sens tes corps, un magasin de produits naturels situé sur cette artère commerciale de l'arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie, à Montréal, ils accusent le propriétaire de l'édifice d'avoir engendré une situation d'insalubrité parfois dangereuse, faute d'entretien.

«Nous avons signé notre bail en janvier 2009 et, moins d'un mois plus tard, nous avions un premier dégât d'eau dans l'arrière-boutique. Ce n'était que le début d'une série d'environ 15 bris similaires et de problèmes encore bien plus graves», a expliqué en entrevue à La Presse Mme Lambert, visiblement découragée.

Pourtant, lorsqu'elle a visité le local une première fois, elle croyait fermement avoir trouvé son petit coin de paradis. Avec un loyer mensuel de 2600 $, son conjoint, M'barek Ed Douassi, et elle avaient conçu des plans pour rénover la salle et aménager des salons individuels pour offrir un service de massothérapie.

Mais les dégâts d'eau, la moisissure et un chantier interminable qui a commencé quelques années plus tard au premier étage les ont forcés à revoir leurs plans, a-t-elle expliqué à quelques jours de la fermeture définitive de la boutique.

«Quand les travaux ont commencé à l'étage, la poussière s'accumulait à l'avant et tombait dans le local. Ça faisait un bruit excessif, et les clients avaient peur. C'était comme si des roches s'écroulaient», a dit Mme Lambert, qui a récemment installé de gigantesques pancartes sur sa vitrine afin d'informer les passants de la situation dont elle se dit victime.

À ce jour, le chantier n'est toujours pas terminé. Selon les deux commerçants, une inspection aurait démontré en mars dernier qu'un mur porteur aurait été endommagé. Depuis, ils ont cessé de payer leur loyer et attendent impatiemment leurs dates d'audience à la cour.

«On avait un condo et on l'a vendu afin d'être capables de nous retourner de bord, car on n'avait plus rien pour fonctionner. Pour les affaires, on espère être en mesure de poursuivre sur les ventes sur l'internet», a expliqué Mme Lambert.

La Presse a tenté de parler avec le propriétaire de l'édifice, Paramjit Saluja, qui a refusé de répondre à nos questions. «Je ne sais pas pourquoi vous m'appelez. Demandez-leur à quand remonte leur dernier paiement de loyer. Je n'ai rien à dire, ne m'appelez plus», a-t-il brièvement répondu avant de raccrocher.

Selon la dernière évaluation foncière, la valeur de son édifice a augmenté de 25 % entre 2009 et 2012, pour s'établir à 430 400 $.

Les plaintes pour des logements commerciaux insalubres augmentent

Ce n'est pas la première fois qu'un commerçant qui loue ce local connaît des problèmes avec le propriétaire. La Société de développement commercial (SDC) de la Plaza St-Hubert a catégorisé trois édifices de la rue comme hautement problématiques. On compte parmi eux le local où est installée la boutique Sens tes corps.

«Certains propriétaires sont plus négligents que d'autres, mais cette problématique n'est pas unique à la Plaza, elle est vécue sur l'ensemble du territoire de Montréal. Il y a des bâtiments qui sont volontairement laissés à l'abandon. Dans certains cas, c'est peine perdue», a expliqué à La Presse la porte-parole de la SDC, Sophie Legroulx.

En juin dernier, La Presse rapportait que la problématique des logements commerciaux insalubres préoccupait grandement Glenn Castanheira, directeur général de la Société de développement du boulevard Saint-Laurent.

«Si des locaux sont toujours vacants sur la Main, ce n'est pas parce qu'il n'y a pas preneur. Des propriétaires n'entretiennent pas leur bâtiment et demandent des loyers déraisonnables. Pour certaines adresses, on dit tout simplement aux futurs entrepreneurs de ne pas y aller», indiquait-il à l'aube de la saison estivale.

Depuis, la mobilisation s'est poursuivie au sein des SDC. Les différents directeurs généraux doivent se rencontrer prochainement afin d'établir un plan de match en prévision d'une rencontre prévue ce mois-ci avec la Ville de Montréal.

«Entre-temps, j'en ai profité pour rencontrer d'autres regroupements commerciaux dans le monde. Je rentre justement de Boston où la SDC du centre-ville a trouvé une solution à la problématique des logements commerciaux insalubres. Contrairement à nous au Québec, où seuls les commerces sont membres, les propriétaires d'édifices le sont désormais également», a expliqué à La Presse M. Castanheira.

Selon lui, si les propriétaires qui louent leurs locaux étaient forcés de cotiser à une SDC, ils auraient un incitatif supplémentaire pour s'investir dans le développement économique du secteur.

«J'aimerais convaincre nos élus de demander à Québec de modifier sa loi pour nous permettre d'agir ainsi», a-t-il expliqué, confiant que la stratégie de développement des affaires commerciales qui sera présentée par l'administration du maire Denis Coderre pourrait répondre à certaines problématiques soulevées.




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