Le ministre des Finances, Raymond Bachand, a défendu mercredi l'intégrité d'un nouveau dirigeant de l'Agence du revenu, qui avait fait l'objet de critiques relativement à un cas de collusion dont la police n'avait pas été informée.

Publié le 16 mars 2011
Alexandre Robillard LA PRESSE CANADIENNE

M. Bachand a affirmé que Florent Gagné, dont la nomination a été annoncée mercredi, avait toutes les compétences requises pour faire son travail.

Lors d'un point de presse prébudgétaire, M. Bachand a rappelé que M. Gagné avait été sous-ministre de la Sécurité publique et directeur général à la Sûreté du Québec.

Selon M. Bachand, comme président du conseil d'administration de l'Agence du revenu, le choix de M. Gagné est tout indiqué.

«Florent Gagné c'est un choix exceptionnel au Revenu, a-t-il dit. Voilà un grand serviteur de l'État. Voilà quelqu'un qui a été sous-ministre à la Sécurité publique, qui a été patron de la Sûreté du Québec. Comme président du conseil, si on peut avoir confiance en l'intégrité de quelqu'un, c'est bien en l'ancien patron de la SQ.»

M. Gagné a aussi été sous-ministre au ministère du Transports (MTQ), de 2003 à 2006.

Dans un rapport présenté il y a plus d'un an, le vérificateur général Renaud Lachance s'était étonné que le MTQ n'ait pas alerté la police même si le bureau du sous-ministre disposait, depuis 2004, d'un rapport interne démontrant un cas de collusion dans l'attribution de contrats de déneigement.

Le gouvernement avait alors plaidé que M. Gagné jugeait les preuves insuffisantes.

Revenu Québec deviendra au début du mois prochain l'Agence du revenu du Québec.

Par cette mutation, le gouvernement souhaite que le fisc québécois dispose de la marge de manoeuvre nécessaire pour assurer un plus grand contrôle dans la perception des taxes et impôts.

Le député péquiste Stéphane Bergeron, porte-parole en matière de sécurité publique, s'est montré préoccupé par ce choix de M. Gagné, se questionnant sur l'exemple et le message que sa nomination enverra au sein de la nouvelle organisation.

Selon M. Bergeron, cela est d'autant plus vrai que l'agence sera aussi chargée de collaborer avec l'unité anticorruption, dont le mandat est aussi de s'attaquer à la collusion d'entreprises pour obtenir des contrats publics.

«Une partie du passé révélé à travers ce rapport du vérificateur général, concernant ce monsieur, m'apparaît un peu inquiétant pour la suite des choses, a-t-il dit. Si devant des cas flagrants de collusion, il a préféré garder le silence et ne pas transmettre l'information à qui de droit, qu'est-ce qui nous assure qu'une fois à la tête de l'agence, il sera plus consciencieux?»

Sans vouloir préjuger de ses compétences, M. Bergeron a affirmé que M. Gagné sera surveillé étroitement de la part de l'opposition officielle.

«Je ne trouve pas ça très positif, a-t-il dit. J'ai un malaise.»

À la suite du rapport du vérificateur général, à l'automne 2009, la ministre des Transports de l'époque, Julie Boulet avait fait transmettre à la Sécurité publique le rapport concluant à un cas de collusion.

Mme Boulet avait alors mis en place une nouvelle directive obligeant le sous-ministre du MTQ à informer dorénavant le ministre de tout cas semblable.

En février 2010, la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, avait nommé M. Gagné à la tête d'un comité interministériel chargé de régler les problèmes de croissance démographique provoqués par le chantier d'Hydro-Québec sur la rivière Romaine, sur la Côte-Nord.