La Régie des rentes du Québec (RRQ) a obtenu un rendement de 9,7% en 2009 sur les fonds qu'elle confie à la Caisse de dépôt, ce qui lui donne un peu plus de temps avant d'être obligée de puiser dans ses réserves pour payer les prestations de retraite des Québécois.

Publié le 27 févr. 2010
Hélène Baril LA PRESSE

Les retraits sont sur le point de surpasser les rentrées de fonds à la RRQ. En 2009, les cotisations des Québécois à leur régime public de retraite ont été de 10,1 milliards de dollars, tandis que les retraits ont atteint 9,8 milliards, a fait savoir hier la RRQ.

La contre-performance de la Caisse en 2008 a rapproché les échéances pour le régime public de retraite. Le rendement de -26,4% obtenu par la Caisse de dépôt en 2008 sur les fonds de la RRQ a fait en sorte que sa réserve pourrait être entamée 10 ans plus tôt, soit en 2023 plutôt qu'en 2033.

Si le taux de cotisation n'augmente pas, cette réserve serait épuisée en 2037, soit 14 ans plus tôt que prévu avant la performance désastreuse de la Caisse de dépôt en 2008, selon la mise à jour réalisée par la RRQ après cette annus horribilis.

Une nouvelle évaluation actuarielle au 31 décembre 2009 doit être réalisée et elle tiendra compte du rendement obtenu en 2009, a fait savoir hier le porte-parole de la RRQ, Herman Huot.

Le rendement de 9,7% de la RRQ en 2009 est inférieur au rendement global de la Caisse (10%), mais il est supérieur à son objectif à long terme, qui est de 7%.

Ce rendement devrait lui permettre de gagner un peu de temps, mais pas d'éviter la hausse des cotisations prévue depuis longtemps.

La cotisation à la RRQ est actuellement de 9,9%, payée à parts égales par les employeurs et les employés. Le taux qui permettrait au régime public d'être en équilibre est de 10,64%, selon les actuaires de la Régie. Des propositions alliant une hausse graduelle des cotisations et des ajustements aux prestations versées ont été soumises au gouvernement à la suite d'une consultation publique.

Un projet de loi est attendu depuis longtemps pour permettre à la Régie des rentes de faire ces ajustements nécessaires à la pérennité du régime. Ce sera vraisemblablement fait avant la fin de l'année, a indiqué le porte-parole de la Régie, et les changements pourraient entrer en vigueur le 1er janvier 2011.

Rendements variés

La Régie des rentes est le deuxième déposant en importance de la Caisse de dépôt et placement du Québec, après le régime de retraite des employés du secteur public (RREGOP). En 2009, le rendement des sept principaux déposants a varié entre 6,4% et 11,3%.

Le Fonds des générations, créé par le gouvernement pour rembourser la dette, a obtenu un rendement de 11,25%, supérieur au rendement moyen de 10% de la Caisse. Même chose pour le Fonds d'amortissement des régimes de retraite de la fonction publique, dont le rendement a été de 10,74% en 2009.

Le Fonds d'amortissement des régimes de retraite (FARR) a été créé par le gouvernement en 1993 pour payer sa part des prestations de retraités des employés du secteur public. Le ministère des Finances y contribue à raison de 3 ou 4 milliards par année dans le but d'atteindre un taux de capitalisation du régime de 70% en 2020.

En 2009, le trésor québécois n'a pas contribué au FARR. «On a sauté une année, parce que les conditions de marché n'étaient pas propices», a expliqué le porte-parole du ministère des Finances, Jacques Delorme.

Selon lui, le gouvernement avait pris de l'avance et le fait d'avoir sauté une année ne remet pas en question ses objectifs à long terme.

Le ministère des Finances est le seul déposant qui n'est pas tenu par la loi de contribuer chaque année aux fonds qu'il a confiés à la Caisse de dépôt.