Au cours des prochains jours, le gouvernement Charest tentera de dessiner à quoi devrait ressembler le développement économique du Québec d'ici 2030.

Jocelyne Richer LA PRESSE CANADIENNE

On ne parlera donc pas de l'état précaire actuel des finances publiques, lors de la rencontre des partenaires prévue mercredi et jeudi, à Lévis, mais bien de croissance économique à long terme.

La précision, importante, a été apportée, lundi en conférence de presse, par les trois ministres qui orchestrent l'événement, Raymond Bachand, aux Finances, Clément Gignac, au Développement économique, et Sam Hamad, à l'Emploi.

La rencontre débutera mercredi soir par une allocution du premier ministre Jean Charest.

Les partenaires du milieu économique invités pour l'occasion n'auront donc, au total, que quelques heures, jeudi, pour indiquer au gouvernement la voie à suivre afin de créer davantage de richesse et augmenter la productivité, une fois passée la récession économique.

Par exemple, en se servant du modèle de l'Ontario, on se demandera comment faire pour retenir au travail les Québécois âgés entre 55 et 70 ans, et ainsi éviter les pénuries de main-d'oeuvre à venir.

Québec a choisi de donner à l'événement des proportions réduites. Une centaine de personnes, principalement des décideurs financiers, des leaders économiques et des partenaires du marché du travail, sont attendues à Lévis dans le but de proposer au gouvernement des moyens à privilégier pour favoriser la croissance.

Les ministres ont fait valoir que la précarité des finances publiques du Québec, qui sera aux prises avec des déficits budgétaires au cours des prochaines années, et son développement économique étaient deux enjeux, à leurs yeux, complètement différents.

Par conséquent, même si le gouvernement est à préparer son budget, à déposer en mars, il ne sera donc pas question de hausses de tarifs et de taxes ou encore de réduction de programmes ou de services durant ces deux jours.

«Comment se positionner pour profiter de la reprise?», voilà la principale question qui sera posée aux partenaires invités, a indiqué le ministre Bachand.

À cette occasion, qu'il s'agisse de changements démographiques ou d'entrepreneurship, le gouvernement ne cherchera pas à établir de consensus à tout prix entre les participants avant de prendre des décisions stratégiques, a prévenu d'emblée le ministre Bachand.

Les participants devront donc avoir des attentes modestes. Car si le gouvernement promet d'écouter ce que les gens ont à dire, il se garde bien de s'engager à en tenir compte dans son futur plan de match économique.

«On est élu parce qu'on a la possibilité de faire des choix et de décider», a tranché M. Bachand.

En fait, par son choix de formule, le gouvernement tient absolument à se démarquer de l'image des grands sommets économiques autour du déficit zéro, de l'époque du gouvernement péquiste de Lucien Bouchard.

«C'est pas une grand-messe péquiste sur le retour à l'équilibre budgétaire (à laquelle) vous allez avoir droit cette semaine. C'est vraiment une rencontre économique pour établir une feuille de route sur la création de richesse au Québec», a commenté de son côté le ministre Gignac.