Les prospecteurs gouvernementaux s'arriment de plus en plus aux événements internationaux du Cirque du Soleil, des Grands Ballets canadiens et de l'Orchestre symphonique de Montréal (OSM) pour rencontrer des investisseurs étrangers et les intéresser au Québec.

Sylvain Larocque LA PRESSE CANADIENNE

«Le Cirque du Soleil, c'est une signature extraordinaire», lance le président-directeur général d'Investissement Québec, Jacques Daoust, au cours d'un entretien réalisé en marge du congrès Bio 2009, qui s'est ouvert lundi à Atlanta.

L'an dernier, M. Daoust s'est rendu en mission commerciale au Japon. Il a invité une dizaine de gens d'affaires qu'il voulait rencontrer, de même que leurs conjoints, à un cocktail tapis rouge dans le cadre d'un spectacle du Cirque du Soleil à Tokyo.

«Après ça, tous les rendez-vous que je veux avoir, je les obtiens pendant la semaine, raconte-t-il. Et tous les rendez-vous commencent par: ma femme ou mon mari ont tellement aimé le Cirque du Soleil!»

Des huit ou dix missions auxquelles M. Daoust participe chaque année, une ou deux sont programmées en conjonction avec un événement majeur d'un groupe culturel québécois à l'étranger.

Au cours des dernières années, Investissement Québec a ainsi coordonné certaines de ses missions avec des spectacles du Cirque à Bruxelles, New York, Dallas et Los Angeles, entre autres. Chicago est la prochaine ville sur la liste.

Il n'y a pas que le Cirque. Investissement Québec et la Société générale de financement (SGF) se sont associés à la récente tournée européenne de l'OSM en invitant des leaders de la communauté d'affaires de certaines des villes au programme. Pour l'orchestre, il s'agit d'une commandite fort utile.

«Ca nous permet d'aider l'OSM dans son développement et son rayonnement hors Québec et en même temps, ça nous permet du développement d'affaires, souligne M. Daoust. C'est une situation gagnant-gagnant.»

On avait fait la même chose l'an dernier lors du concert de l'OSM au Carnegie Hall de New York. «Quelle image tu projettes quand t'arrives avec Kent Nagano à Carnegie Hall? lance Jacques Daoust. C'est extraordinaire comme retombées.»

L'organisme de promotion Montréal International s'est aussi mis de la partie. L'an dernier, il a organisé une mission à Boston dans le cadre d'une tournée du spectacle Kooza du Cirque du Soleil. Dans la même ville, Investissement Québec s'est arrimé à une représentation des Grands Ballets canadiens.

Ces activités de démarchage «sur le terrain» coûtent évidemment des dizaines de milliers de dollars. Mais Investissement Québec assure qu'elles sont rentables. Depuis 2006, la société d'Etat a attiré une cinquantaine d'investissements étrangers majeurs chaque année. En 2007-08, ces projets prévoyaient l'injection de 1,3 milliard $ et la création de plus de 4000 emplois au Québec.

Grands événements

La même logique s'applique aux grands congrès internationaux comme Bio 2009, selon M. Daoust.

«Je dois vous avouer que quand j'ai commencé à travailler dans l'appareil gouvernemental, après 35 ans dans le privé, je ne comprenais pas vraiment ce qu'on allait faire dans ces choses-là, convient-il. Mais ce que je constate, c'est que les PDG viennent vraiment dans ces grands rassemblements.»

C'est souvent dans ce genre d'événements qu'on entend en premier les rumeurs de l'industrie qui se concrétiseront quelques mois plus tard. «Ca peut te conférer un avantage sur la concurrence d'apprendre des choses avant les autres», croit le dirigeant d'Investissement Québec.

Pour lui, la présence sur le terrain vaut bien mieux que les campagnes publicitaires massives que préconisent d'autres provinces ou régions du monde.