Même si la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, n'est pas chaude à l'idée, le président du conseil d'administration de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Robert Tessier, ne ferme pas complètement la porte à une éventuelle intervention de l'institution dans le rachat du Club de hockey Canadien de Montréal.

Sylvain Larocque LA PRESSE CANADIENNE

«C'est une très bonne question», a lancé M. Tessier au cours d'un entretien téléphonique avec La Presse Canadienne.

Il s'est ensuite empressé de rappeler que la décision d'effectuer ou non un tel placement revient d'abord aux gestionnaires de la Caisse et à son président et chef de la direction, Michael Sabia.

Robert Tessier a tout de même reconnu que le conseil se ferait un devoir d'évaluer une proposition sur le Canadien si la direction le jugeait opportun.

«C'est une question qui, normalement, relèverait d'abord de l'équipe du placement privé, et ça cheminerait à travers l'organisation jusqu'à Michael (Sabia), qui déciderait d'en faire une proposition au conseil le cas échéant», a-t-il expliqué.

Dans le processus décisionnel, la question du rendement d'un investissement dans le Canadien serait «fondamentale», a précisé M. Tessier.

Mardi, à l'Assemblée nationale, Mme Jérôme-Forget s'est montrée réticente à l'idée que la Caisse achète le club de hockey.

«Vous allez demander à la Caisse de dépôt si c'est un bon placement», a lancé la ministre en éclatant de rire. Choisirait-elle d'investir dans le Canadien? «Disons que non», a-t-elle répondu.

La chef du Parti québécois, Pauline Marois, a condamné ces propos. Selon elle, le Canadien pourrait être un «investissement intéressant» pour la Caisse.

Plus tôt cette semaine, un porte-parole de l'institution, Maxime Chagnon, a indiqué qu'on n'avait pas encore présenté le dossier du Canadien à la Caisse.

Officiellement, l'équipe n'est pas encore en vente. George Gillett, qui contrôle le club grâce à une participation de 80 pour cent dans son capital-actions, a retenu les services de plusieurs banques d'investissement pour réévaluer ses actifs. La vente du Canadien fait partie des scénarios envisagés, de même qu'une recapitalisation de ses entreprises et l'entrée de nouveaux investisseurs.

Lorsque M. Gillett a acquis sa participation majoritaire dans le Canadien et dans le Centre Molson (devenu Centre Bell depuis), en 2001, la Caisse lui avait consenti un prêt de 140 millions $, qui a été remboursé en totalité en 2006.