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Tsipras plaide sa cause au sommet de l'UE

Le premier ministre grec Alexis Tsipras à son... (Photo Virginia Mayo, AP)

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Le premier ministre grec Alexis Tsipras à son arrivée à Bruxelles pour une réunion de l'Union européenne.

Photo Virginia Mayo, AP

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Jean-Luc BARDET
Agence France-Presse
Bruxelles

Le premier ministre grec Alexis Tsipras devait plaider sa cause jeudi face à ses partenaires de l'UE, alors que les négociations sur le sauvetage financier de son pays sont dans l'impasse, mais aucune solution n'est attendue au sommet.

«Il ne faut pas s'attendre à une solution, à une percée», a prévenu la chancelière allemande Angela Merkel à son arrivée à Bruxelles, renvoyant toute décision aux ministres des Finances. Dans la matinée à Berlin, elle avait estimé qu'il n'y avait «pas de raison de se laisser abattre», alors que le temps presse pour éviter à la Grèce l'asphyxie financière et le risque d'une sortie de la zone euro.

«L'UE a besoin d'initiatives politiques audacieuses qui respectent à la fois la démocratie et les traités, afin de se débarrasser de la crise et d'aller vers la croissance», a affirmé à son arrivée le premier ministre grec, Alexis Tsipras, qui a obtenu un mini-sommet sur la situation de son pays jeudi soir.

Le dirigeant de gauche radicale doit aussi être reçu pour la première fois par son homologue conservatrice allemande lundi à Berlin, alors que les désaccords entre les deux capitales ont pris un tour particulièrement acerbe ces dernières semaines.

Le président français, François Hollande, a appelé le gouvernement grec au respect de ses «engagements» à mettre en oeuvre des réformes, en échange de l'aide dont il a un besoin vital.

Les négociations entre la Grèce et ses créanciers sont au point mort. Le président du Conseil, Donald Tusk, a organisé une rencontre jeudi soir entre M. Tsipras, Mme Merkel et M. Hollande, avec les présidents de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, et de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem.

La Grèce doit faire face à des échéances de remboursement dans les prochains jours: dès vendredi une tranche de prêts de plus de 330 millions d'euros au FMI, avant la semaine prochaine un renouvellement de bons du Trésor pour 1,6 milliard.

«Se bouger»

Mais les caisses sont presque vides. Le vice-premier ministre, Ioannis Dragasakis, a reconnu que son pays avait un «problème de liquidités». Athènes «a probablement besoin d'un apport d'argent frais de 2-3 milliards d'euros», estiment les analystes de Berenberg.

Le gouvernement demande le versement de la dernière tranche du plan de quelque 240 milliards d'euros dont elle bénéficie depuis 2010, soit un peu plus de 7 milliards. Elle souhaite notamment que la BCE débourse rapidement 1,9 milliard d'euros correspondant à des intérêts sur des obligations.

En attendant, l'institution de Francfort a décidé de relever de 400 millions d'euros le plafond de son financement d'urgence (ELA) des banques grecques, à près de 70 milliards.

L'inquiétude grandit en Europe sur les risques d'une sortie de la Grèce de l'euro, volontaire ou par accident.

«Le temps presse, et je pense que le gouvernement doit enfin se bouger», a affirmé le président du Parlement européen, Martin Schulz, jugeant la situation «dangereuse». «Il y a beaucoup de gens prêts à aider la Grèce, mais la Grèce doit aussi se laisser aider», a-t-il résumé en appelant M. Tsipras à des «compromis raisonnables».

C'est dans ce contexte tendu que le gouvernement grec a fait voter mercredi une loi pour aider les plus durement touchés par la «crise humanitaire». «Que le gouvernement grec fasse des efforts pour les pauvres, ce n'est pas ça qui me choque. Ce qu'on demande à la Grèce, c'est qu'elle demande aux plus riches de payer des impôts», a commenté François Hollande.

Alexis Tsipras avait déjà provoqué des haussements de sourcils mardi en annonçant qu'il se rendrait à Moscou début avril, alors que les relations entre l'UE et la Russie sont au plus bas.

Les 28 vont aussi débattre de la question de la prolongation des sanctions mises en place en juillet 2014 après l'écrasement du Boeing de la Malaysia Airlines, et qui affectent lourdement l'économie russe.

Ils semblent être tombés d'accord pour les prolonger jusqu'à fin 2015 pour coller au calendrier des accords de Minsk, qui ont permis l'instauration d'un fragile cessez-le-feu. Mais les chefs d'État et de gouvernement devraient renvoyer leur décision au mois de juin.




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