Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi s'est montré confiant lundi que les prêts géants de l'institution aux banques de la zone euro allaient remplir leur rôle, malgré un revers lors de la première opération.

Publié le 22 sept. 2014
AGENCE FRANCE-PRESSE

Jeudi dernier la BCE a alloué 82,6 milliards d'euros aux banques dans le cadre d'un prêt ciblé de longue durée (TLTRO), première d'une série de huit opérations destinées à inciter les banquiers à offrir davantage de crédits au secteur privé et par ricochet à dynamiser l'économie en berne de la région.

Ce montant est ressorti très en dessous des prévisions des analystes qui tablaient sur au moins 100 milliards d'euros, suscitant des doutes quant au succès de ce programme.

Mais «il est trop tôt pour juger de l'impact de ces TLTRO sur l'économie», a affirmé M. Draghi lundi. Il s'exprimait à Bruxelles devant la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen.

«Ce montant s'inscrit dans la fourchette que nous avions prévue», a-t-il déclaré, rappelant qu'un deuxième tour de prêts était prévu au mois de décembre et que ces deux «opérations devraient être analysées comme étant complémentaires».

L'annonce d'un vaste arsenal de mesures de politique monétaire au mois de juin «a déjà eu un impact positif notable sur la confiance des marchés financiers», a souligné le chef de la BCE.

«De façon générale, nous nous attendons à ce que les TLTRO agissent comme de puissants outils» pour favoriser l'octroi de crédit aux entreprises et ménages, a poursuivi le banquier central, et ce alors que de son propre aveu «la reprise en zone euro perd de son allure».

Autre sujet d'inquiétude, l'inflation en zone euro, actuellement à 0,4%, «devrait rester à un niveau très bas» ces prochains mois, a reconnu M. Draghi, alors que l'objectif de la banque centrale est de maintenir la hausse des prix légèrement inférieure à 2%.

La BCE «reste pleinement déterminée à contenir les risques pesant sur les perspectives d'inflation à moyen terme. De plus nous nous tenons prêts à user d'instruments non-conventionnels supplémentaires si cela devenait nécessaire», a martelé M. Draghi.

Mais il a appelé les États à ne pas ralentir le processus de réformes structurelles, précisant qu'«aucun stimulus monétaire, ou même budgétaire, ne pourra avoir d'effet important» sans elles.