Turquie: le scandale de corruption continue à faire chuter la monnaie et la bourse

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Depuis plusieurs jours, plusieurs responsables du gouvernement se sont efforcés de rassurer les milieux économiques et financiers sur les conséquences de cette affaire.

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Dilay GUNDOGAN
Agence France-Presse
ISTANBUL

La monnaie et la bourse turques ont repris jeudi leur dégringolade à cause du scandale politico-financier qui éclabousse le gouvernement, la livre atteignant un nouveau plancher face au dollar.

La devise turque (TL) s'échangeait jeudi à la clôture des marchés à 2,1739 TL pour un dollar, après avoir atteint le niveau record de plus de 2,18 TL pour un dollar en journée, et à 2,9704 TL pour un euro, proche de la barre symbolique des 3 livres pour un euro.

Dans le même temps, le principal indice de la Bourse d'Istanbul (BIST 100) a conclu la séance de jeudi en chute de 1,20 % par rapport à mardi à 66.985,81 points.

Déjà malmenée par les décisions de la Réserve fédérale américaine (Fed) qui affectent tous les pays émergents, la devise turque avait reculé au-delà des 2,17 livres (TL) pour un dollar la semaine dernière, tandis que le BIST 100 avait cédé plus de 8% sur la même période.

Malgré un rebond de courte durée lundi, tant la livre que la bourse stambouliote sont directement affectées par la crise qui secoue le sommet de l'État turc après l'incarcération d'une vingtaine de personnalités réputées proches du pouvoir islamo-conservateur pour des faits de corruption et la démission de trois ministres.

«Si la situation politique reste aussi volatile pendant une période prolongée, les conséquences économiques potentielles s'annoncent sévères», a pronostiqué l'analyste William Jackson, de la firme londonienne Capital Economics.

«Avec ce scandale qui suit la vague de violences de l'été (les manifestations antigouvernementales de juin), il semble que la vie politique turque soit devenue de plus en plus imprévisible. Les investisseurs sont clairement effrayés», a-t-il ajouté.

La chute prolongée de la livre pourrait d'ores et déjà contraindre la banque centrale turque à augmenter ses taux d'intérêt, a pronostiqué lundi, M. Jackson, pour retenir les capitaux étrangers, indispensables à la croissance turque, tentés de quitter le pays.

Depuis plusieurs jours, plusieurs responsables du gouvernement se sont efforcés de rassurer les milieux économiques et financiers sur les conséquences de cette affaire.

Patrons inquiets

Mardi encore, le vice-premier ministre responsable de l'économie Ali Babacan a assuré que la crise qui fait tanguer le sommet de l'État n'était que passagère. «La cible semble être le gouvernement, mais lorsque vous regardez les marchés, vous constatez que la cible est toute la Turquie et son peuple», a-t-il ajouté.

«Nous ne laisserons personne mettre en cause notre environnement de confiance et de stabilité», a insisté M. Babacan, qui avait maintenu mardi la prévision de croissance du gouvernement à 4% pour l'année 2014.

Depuis le début de la crise, M. Erdogan et ses ministres nient toute implication dans l'enquête de corruption ouverte par la juste et dénoncent à mots couverts un «complot» ourdi par la confrérie du prédicateur musulman Fethullah Gülen.

Longtemps son alliée, cette organisation, très influente dans la police et la magistrature, est récemment entrée en guerre contre le gouvernement, qui veut supprimer les écoles de soutien scolaire privées qui constituent une manne financière pour le mouvement Gülen.

Avant les municipales de mars et présidentielle d'août, cette bataille au sein du camp islamo-conservateur et l'incertitude politique qu'elle créé inquiètent les milieux d'affaires turcs.

Dans son message du Nouvel An, le président de la principale organisation patronale du pays (Tüsiad), Muharrem Yilmaz, a indiqué attendre du gouvernement en 2014 une «amélioration de la démocratie», «le respect des standards mondiaux en matière des droits de l'Homme» et la «prévalence du droit et l'indépendance de la justice».

Le porte-parole du gouvernement Bülent Arinç avait évalué lundi à «plus de 100 milliards de dollars» les pertes subies par l'économie turque depuis le début du scandale.

Son collègue de l'Économie Nihat Zeybekci a estimé jeudi les pertes des marchés financiers à 50 milliards de dollars.

M. Zeybekci a aussi assuré que les hausses de la taxe sur les voitures, l'alcool, les cigarettes et les téléphones mobiles entrée en vigueur mercredi n'affecteraient pas l'inflation, qui dépasse 7% en rythme annuel.




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