L'euro continuait à baisser face au dollar jeudi, dans un marché toujours focalisé sur la situation en Syrie, et les craintes d'une intervention militaire occidentale, tandis que le billet vert bénéficiait d'un indicateur américain meilleur que prévu.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Vers 16 h GMT (12 h à Montréal), l'euro valait 1,3232 dollar, contre 1,3338 dollar mercredi à 21 h GMT. Vers 15H15 GMT, l'euro est tombé à 1,3220 dollar, son niveau le plus faible en deux semaines.

La monnaie unique européenne se stabilisait face à la devise nippone, à 130,28 yens contre 130,23 yens la veille.

Le dollar gagnait du terrain face à la devise japonaise, à 98,45 yens contre 97,63 yens mercredi.

«La crise syrienne continue de faire flageoler les marchés», commentait Jonathan Pryor, analyste chez Investec.

Les marchés continuaient en effet de s'inquiéter des conséquences d'une éventuelle intervention militaire menée par les États-Unis en Syrie, ce qui poussait les cambistes à privilégier les actifs jugés les plus sûrs, comme le dollar.

Ces inquiétudes avaient notamment porté le cours de l'once d'or (valeur refuge traditionnelle pour nombre d'investisseurs) mercredi à 1433,83 dollars, son niveau le plus élevé depuis mi-mai.

Pour Anita Paluch, analyste chez Gekko Markets, «si une frappe (militaire américaine) semble très proche, l'Occident ne veut pas vraiment être entraîné au coeur de ce conflit», et essaie la voie des discussions, prévenant qu'il risque d'y avoir des conséquences en cas d'utilisation avérée d'armes chimiques.

Le président des États-Unis Barack Obama a affirmé mercredi ne pas avoir pris de décision sur une éventuelle intervention, se contentant d'évoquer un «coup de semonce», tandis que Londres a dit vouloir attendre l'enquête de l'ONU sur l'attaque chimique.

Les alliés russe et iranien de Damas ont de leur côté mis en garde contre une déstabilisation de l'ensemble de la région.

Le dollar restait par ailleurs toujours quelque peu sous pression, du fait de l'incertitude persistante sur la vigueur de la reprise économique des États-Unis et sur les perspectives de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed).

Certains investisseurs estiment qu'avec l'incertitude régnant sur la Syrie, la banque centrale américaine ne va pas annoncer en septembre, comme largement anticipé par les marchés, un ralentissement de son aide à l'économie.

La Fed injecte actuellement 85 milliards de dollars par mois dans le système financier américain via des rachats d'actifs pour tenter de vivifier la reprise, ce qui a également pour effet d'éroder la valeur du dollar.

Le dernier indicateur américain les confortait dans le sentiment que la Fed pourrait finalement décider de retarder la décision de mettre un frein à cette mesure.

Les promesses de ventes de logements aux États-Unis se sont en effet repliées en juillet pour le deuxième mois consécutif en raison de la hausse des taux d'intérêt dans l'immobilier, selon des chiffres publiés mercredi.

Or, le rétablissement de ce secteur est perçu comme essentiel pour une véritable reprise et est particulièrement surveillé par la Fed.

Le billet vert trouvait tout de même un peu de soutien jeudi dans la révision en hausse plus forte que prévu de la croissance américaine au deuxième trimestre.

La première économie mondiale a enregistré une progression du produit intérieur brut (PIB) entre avril et juin de 2,5%, ce qui marque une franche accélération par rapport au premier trimestre (+1,1%) et dépasse la prévision des analystes qui tablaient sur une croissance de 2,1%.

Pour Christopher Vecchio, analyste chez DailyFX, cette «croissance de l'économie américaine conforme aux prévisions de juin de la Réserve fédérale fait qu'il y a lieu de croire que la Fed va commencer à réduire (son soutien économique) dès le mois prochain».

Vers 16 h GMT, la livre britannique montait face à l'euro, à 85,38 pence pour un euro, mais baissait face au dollar, à 1,5498 dollar pour une livre.

La devise helvétique reculait face à l'euro, à 1,2324 franc suisse pour un euro, comme face au dollar, à 0,9314 franc suisse pour un dollar.

L'once d'or a fini à 1407,75 dollars au fixing du soir contre 1419,50 dollars mercredi.

La devise chinoise a terminé à 6,1204 yuans pour un dollar contre 6,1198 yuans la veille.