Source ID:; App Source:

Vins: tensions commerciales entre la Chine et l'UE

Les représentants des institutions viticoles françaises se disent... (Photo AFP)

Agrandir

Les représentants des institutions viticoles françaises se disent «otages» de tractations entre superpuissances mondiales, et prient pour une conclusion rapide de ces négociations.

Photo AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Bordeaux) Le sujet est tabou mais dans tous les esprits à Vinexpo: les tensions entre l'UE et la Chine, qui menace de taxer davantage les vins européens, se font déjà sentir chez les acheteurs «attentistes», lorsqu'ils n'en profitent pas carrément pour tirer les prix vers le bas.

«Il n'y a pas de guerre commerciale avec la Chine, il y a des règles mondiales du commerce et il faut les respecter. Tout le monde a intérêt à la négociation», a martelé lundi lors de sa visite du plus grand salon mondial sur les vins et spiritueux à Bordeaux la ministre du Commerce extérieur, Nicole Bricq.

«Les négociations sont ouvertes» et l'enquête antidumping que souhaite mener la Chine «va durer six à huit mois, cela nous donne le temps de négocier avec eux», a-t-elle ajouté pour rassurer les professionnels.

Mais les représentants des institutions viticoles se disent «otages» de tractations entre superpuissances mondiales, et prient pour une conclusion rapide de ces négociations.

«Le simple fait que l'annonce d'une enquête ait été faite déclenche déjà de l'attentisme de la part de nos clients chinois qui préfèrent différer certaines expéditions plutôt que prendre le risque de les voir surtaxer quand elles arriveront dans deux mois», a indiqué le président du Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux, Georges Haushalter.

Affaires ralenties

«Nous souhaitons ne pas être pris en otage dans ces discussions-là, mais en attendant il y a déjà des effets sur le marché», confirme le président du syndicat des Bordeaux et Bordeaux supérieur, Bernard Farges. «Nous constatons d'ores et déjà des affaires qui se ralentissent, qui ont été reportées alors qu'il n'y a absolument rien de conclu ou décidé», a-t-il regretté.

La Chine importe 3 876 000 hl dont 1 215 000 hl en vrac et 2.660.000 hl en bouteilles. La France représente la moitié de ces importations en bouteilles, suivie par l'Australie, l'Espagne, le Chili, l'Italie et les USA. Sur la partie vrac importée par la Chine, 103 000 hl viennent de Bordeaux.

«Ne pas attiser les braises sur ce marché à fort potentiel» est le leitmotiv des professionnels de l'export.

Une étude prospective révélée par Vinexpo prévoit qu'entre 2012 et 2016, la consommation des Chinois va croître de 40%. Ce sera la plus forte progression de consommation au monde, devant les États-Unis et la Russie.

Si les représentants d'institutions viticoles parlent de «report» de commandes, aucun de ces professionnels de l'export n'accepte de les commenter ouvertement et encore moins de les confirmer.

«Il y a 8000 importateurs de vin en Chine. Beaucoup viennent d'autres secteurs d'activité et le marché a encore besoin de se structurer. Les tuyaux sont un peu bouchés en ce moment et certains en profitent», pour faire baisser les prix, dit sous le sceau de l'anonymat un très grand exportateur de vins de Bordeaux vers la Chine.

Le danger selon lui «dans cette période d'incertitude» serait l'opportunisme des producteurs de vins du nouveau monde qui en profiteraient aussi pour insister sur le danger d'approvisionnement via la vieille Europe et placer leurs vins en Chine.

«Des échos rapportent que certains n'ont pas de difficultés aujourd'hui, d'autres disent en avoir mais cela fait partie du business, car certains de ces importateurs se saisissent de ces difficultés pour renégocier un peu. C'est du commerce», dit M. Farges pour expliquer ce mutisme.

Pour lui, «les affaires sont dans un moment d'incertitude et l'incertitude n'est pas propice au bon commerce».

«Il est clair que si le marché Chinois venait à se rétrécir ce ne serait pas une bonne nouvelle», dit Philippe Laquèche, directeur général du groupe de négoce Yvon Mau qui lui aussi compte sur le potentiel exceptionnel de ce marché. Il dit ne pas être «inquiet» mais «préoccupé si l'on additionne la somme des clignotants orange».

Outre «la durée de cette incertitude» figure comme autre clignotant «les stocks importants amassés par les importateurs chinois» qui ont conduit «à un ralentissement du business», note-t-il.




la boite: 4391560:box; tpl: 300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Affaires

Tous les plus populaires de la section Affaires
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

La liste:-1:liste; la boite:219:box; tpl:html.tpl:file
image title
Fermer