Les Australiens ne sont jamais très loin d'une plage. Et ils prennent leurs vacances au sérieux. Pas surprenant que l'Australie soit la destination de rêve de la société québécoise BRP.

Mis à jour le 28 mars 2011
Sophie Cousineau LA PRESSE

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Hors Amérique du Nord, l'Australie est l'un des marchés les plus importants de ce fabricant québécois de motomarines, de bateaux sport et de moteurs hors-bord. D'ailleurs, BRP y distribue directement ses produits, plutôt que par l'entremise d'un intermédiaire.

Qui plus est, c'est un marché en croissance. «Les Australiens s'enrichissent et cela se reflète dans nos ventes», note Pierre Pichette, vice-président communications de cette ancienne division de Bombardier, qui ne dévoile plus ses résultats financiers depuis que son capital a été fermé.

Les ventes de produits récréatifs de BRP sont représentatives des exportations du Canada en Australie. «Nos exportations ont tendance à être plus sophistiquées que celles à destination du Japon et de la Chine, plus lourdement constituées de ressources naturelles», observe Thomas MacDonald, consul général du Canada à Sydney.

Le commerce de marchandises entre le Canada et l'Australie est assez équilibré. En 2010, les exportations du Canada vers l'Australie se sont élevées à 1,75 milliard de dollars, selon Statistique Canada. Pendant ce temps, les importations en provenance de l'Australie ont totalisé 1,62 milliard de dollars.

La distance a visiblement un effet sur les échanges commerciaux entre les deux pays. L'Australie est la 13e destination pour les exportations canadiennes, tandis que les importations australiennes arrivent au 26e rang de nos sources d'approvisionnement à l'étranger, indiquent les données de 2009.

Le défi des saisons inversées

L'inversion des saisons présente un défi particulier aux détaillants. Si Lululemon Athletica peut vendre des vêtements de yoga à l'année dans la rue George, grande artère commerciale de Sydney, il en va autrement pour Orage, spécialiste des vêtements d'extérieur appartenant au groupe Coalision, de Longueuil. Les vêtements vendus en Australie par l'entremise de son distributeur de Brisbane ne représentent que 2% ou 3% du chiffre d'affaires de la marque.

Lorsque la collection automne-hiver est livrée, la plus importante pour Orage, c'est le printemps en Australie. Un décalage qui est bien visible sur le site internet d'Orage, qui n'a pas de version australienne. «C'est un défi!» note Martin Trudel, vice-président ventes d'Orage.

Charles Le Pierrès aimerait pouvoir contourner ce problème. Cofondateur du détaillant montréalais Teenflo, un créateur de vêtements pour femme haut de gamme qui vient de changer de nom pour Judith&Charles, il songe à faire ses premiers pas sur le marché australien. Il a participé à une mission commerciale en Australie l'automne dernier à l'instigation du gouvernement canadien. Il était accompagné de dirigeants du Château et de Hatley Store, un fabricant de vêtements pour toute la famille de LaSalle.

Plutôt que d'arriver sur le marché australien avec des vêtements de collections passées, Charles Le Pierrès voudrait livrer ses collections automne-hiver sur le marché australien dès qu'elles sont prêtes, en juin. Cette idée bouscule les pratiques établies en Australie. Mais peut-être qu'elle séduira un détaillant ou un distributeur australien qui préférera être en avant du défilé de mode, plutôt qu'à sa remorque.

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RELATION CANADA-AUSTRALIE

Commerce de marchandises en 2010

Exportations du Canada: 1,75 milliard

Importations de l'Australie : 1,62milliard

Investissements directs en 2009

Du Canada en Australie : 12,79milliards

De l'Australie au Canada: 4,76 milliards

Source: Statistique Canada. Tous les totaux sont en dollars canadiens.