Le prochain sommet du G20, à Séoul en novembre, sera l'occasion de finaliser des dossiers financiers laissés en plan à Toronto... mais à un moindre coût.

Stéphane Paquet, envoyé spécial LA PRESSE

Alors que le coût des sommets du G8 et du G20 en fin de semaine a atteint 1,2 milliard pour les contribuables canadiens, les organisateurs des prochains sommets, la Corée du Sud et la France, promettent des factures moins salées. Le président français, Nicolas Sarkozy, a même promis des coûts «10 fois inférieurs» à ceux du Canada, lui qui doit organiser le sommet du G8 à Nice le printemps prochain.

Du côté de la Corée du Sud, qui recevra les leaders du G20 en novembre, on promet que la facture sera «entre celle du Canada et celle de la France», a dit Jie-Ae Sohn, porte-parole du comité présidentiel sur le sommet de Séoul.

Ce prochain rendez-vous sera l'occasion de s'entendre sur des sujets restés en suspens cette fin de semaine. «Nous prendrons ce qui se dégage du sommet de Toronto et pousseront pour faire des pas plus concrets», a dit hier Mme Sohn. La réforme du système financier mondial et la réglementation des banques font partie de ces sujets.

Car le sommet de Toronto n'aura pas permis d'établir de nouvelles règles tant attendues pour rendre les banques plus sûres. Quelle proportion d'argent doivent-elles garder dans leurs coffres quand elles font des prêts? À partir de quel niveau d'endettement deviennent-elles à risque? Toutes ces questions n'ont pas trouvé réponse à Toronto.

Le président français, Nicolas Sarkozy, n'a d'ailleurs pas hésité à parler du sommet de Toronto comme d'un G20 «d'étape entre le G20 de Londres et le G20 de Corée», car beaucoup ne sera mis en place qu'à la fin de cette année, voire jusqu'en 2012.

Encore en fin de semaine, le président Sarkozy a insisté sur l'importance d'une réforme de la réglementation financière. «On ne peut pas continuer à avoir des marchés mondiaux et des régulations nationales», a-t-il dit en conférence de presse.

La réforme du Fonds monétaire international doit également aboutir au sommet du G20 de Séoul.

Vers les pays émergents

Mme Sohn s'attend aussi à ce que des «pas significatifs» soient réalisés au sommet de novembre en ce qui concerne la réglementation financière mondiale et la réforme des institutions financières internationales.

Pour y arriver, les pays du G20 vont multiplier les rencontres d'ici là: d'abord, une rencontre des émissaires des chefs d'État ce mois-ci et en octobre, avec une réunion des sous-ministres des finances à Gwangju au début du mois de septembre et un forum des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales à Gyengju, en Corée, à la fin du mois d'octobre.

Mais à Séoul, la Corée du Sud veut aussi en profiter pour mettre sur la table des sujets «qui sont relativement plus importants pour des pays comme la Corée», a dit Mme Sohn.

Ainsi, Séoul veut avoir des discussions sur un filet mondial de sécurité financière et mettre l'accent sur la croissance. Avec un PIB par habitant qui équivaut à moins de la moitié de celui du Canada, la Corée du Sud deviendra le premier pays hors G8 à accueillir les leaders des 20 économies les plus développées.

Des thèmes comme les infrastructures, la technologie et l'éducation seront donc mis de l'avant, «des choses que la Corée a utilisées pour sa propre progression», a expliqué Mme Sohn.