Le fonds de placement immobilier (FPI) Homburg cherche à se distancier de la déroute financière de son principal actionnaire, Homburg Invest, qui s'est placé à l'abri de ses créanciers la semaine dernière. Le Fonds reverra son image de fond en comble et envisage même un changement de nom.

Maxime Bergeron LA PRESSE

Le FPI a vu le jour en mai 2010 lorsque le groupe Homburg, basé à Halifax, a décidé de scinder son bras d'investissement immobilier en cinq entités distinctes. La participation d'Homburg au capital du FPI est passée de 50 % à l'époque à moins de 17 % aujourd'hui.

En entrevue à La Presse Affaires, hier, le président et chef de la direction du FPI, Jim Beckerleg, s'est montré tranchant : son fonds n'a plus rien à voir avec l'ancienne maison-mère Homburg Invest. « C'est important que le FPI ait une (nouvelle) marque et aille de l'avant, afin que le public et les investisseurs comprennent qu'il s'agit d'une entité vraiment différente et non liée à Homburg. »

M. Beckerleg refuse de confirmer que le FPI changera de nom, mais la chose apparaît quasiment assurée. « Je n'ai pas de commentaire spécifique là-dessus, mais ça pourrait très bien faire partie du changement de l'image (rebranding). »

Homburg Invest, qui s'est fortement endettée au milieu des années 2000, est empêtrée dans des déboires financiers depuis l'éclatement de la crise du crédit de 2008. Le groupe présent en Amérique du Nord et en Europe a notamment conçu le luxueux projet résidentiel 333, sur la rue Sherbrooke à Montréal. Homburg souhaitait aussi construire un mégacomplexe de 200 millions à l'ancienne gare Viger, qui apparait aujourd'hui bien incertain.

Le FPI Homburg, dont le siège social est au complexe Alexis Nihon à Montréal, achète pour sa part des propriétés commerciales et des immeubles à bureaux, principalement au Québec et en Alberta. Le fonds tire des revenus de location et de gestion, qui sont ensuite redistribués sous forme de dividende à ses porteurs de parts.

Quelle sera la participation future de Homburg Invest dans le FPI Homburg? Jim Beckerleg refuse de spéculer... mais il croit que le groupe n'aurait aucune difficulté à se départir de ses 8,8 millions de parts, qui totalisent 16,9 % des titres en circulation. « On l'a vu trois fois cette année quand on s'est tourné vers le marché des capitaux : il y a une excellente demande pour de gros blocs de nos actions. »

Acquisition de 115 millions

Le fonds Homburg a par ailleurs annoncé hier l'acquisition pour 115 millions de 29 petits centres commerciaux de quartier, dont 24 hébergent des pharmacies Jean Coutu. La moitié sont situés dans la grande région de Montréal. « On peut facilement intégrer ces propriétés à notre portefeuille », a dit Jim Beckerleg.

Le FPI a aussi annoncé hier la vente de son portefeuille de propriétés résidentielles dans les Maritimes pour 65 millions de dollars, qui lui procurera un profit de 37 millions.

Les investisseurs ont visiblement apprécié ces deux transactions. Le titre du FPI Homburg a gagné 8,5 % à la Bourse de Toronto, pour clôturer à 12,48 $.