Au moment où le gouvernement du Québec récupère l'îlot Voyageur, un autre établissement universitaire pilote trois projets immobiliers d'un total de 75 millions de dollars. Le vent dans les voiles, l'École de technologie supérieure (ETS) fait équipe avec l'Université McGill pour transformer le secteur Griffintown en un quartier de l'innovation.

Mis à jour le 18 nov. 2010
André Dubuc LA PRESSE

L'objectif de ce quartier, explique Yves Beauchamp, directeur général de l'ETS, est que des entreprises déjà existantes sur le territoire ou des entreprises étrangères délèguent leur équipe de chercheurs dans le voisinage de l'ETS. Ceux-ci seraient attirés par les services à valeur ajoutée offerts par l'ETS et l'Université McGill, qui participe à la démarche de sa rivale.

«McGill est forte dans l'invention et dans le transfert de connaissances. À l'ETS, on fait du transfert technologique et de l'innovation. On a la chaîne complète de l'invention à l'innovation», dit M. Beauchamp.

À titre de services, on pense à l'expertise des professeurs et chercheurs universitaires, à l'accès aux étudiants-stagiaires, aux laboratoires de l'institution et, bientôt, à un superordinateur, actuellement en installation, d'une valeur de 30 millions. «C'est un projet de contenu, pas de contenant», insiste-t-il.

Dans un rayon de 1,5 km de l'école de la rue Notre-Dame, de la Cité du multimédia, à l'est, à la Cité du commerce électronique, au nord, on recense la plus forte concentration de personnel dans les technologies de l'information au Canada, soutient l'ETS.

Pas juste des condos

L'ETS ne demande pas d'argent à la Ville de Montréal pour bâtir le quartier. «Mais l'urbanisme relève de la Ville et il faut prévoir dans le quartier des locaux pour les entreprises», explique M. Beauchamp. Bref, il ne faut pas laisser les promoteurs y construire seulement des condos.

Dans un mémoire déposé à la commission sur le développement économique qui s'intéressait à l'avenir des parcs industriels municipaux, l'École demande à la ville d'élargir le programme PR@M à son territoire, un programme de réduction de l'impôt foncier pour favoriser l'investissement.

En parallèle, l'ETS mène trois nouveaux projets immobiliers. Contrairement à l'Université du Québec à Montréal, elle continue d'avoir du succès dans ses aventures immobilières.

Elle est à construire, sans avoir à payer un cent, le Carrefour d'innovation INGO, rue Peel, un investissement de 20 millions entièrement payé par les gouvernements dans le cadre d'un programme d'infrastructures.

Les locaux de 70 000 pieds carrés seront loués à des équipes de recherche et développement d'entreprises privées qui utilisent les ressources de l'ETS. L'édifice sera prêt le printemps prochain. Aucun bail n'est signé pour le moment.

À l'arrière du supermarché Metro de la rue Notre-Dame - le deuxième quant à la rentabilité au Québec, insiste le DG de l'École -, l'institution a obtenu le feu vert de l'Éducation pour construire la quatrième phase de ses résidences au coût de 30 millions. Approximativement, 270 logements seront offerts en location en 2012, ce qui dotera l'université de 1300 lits au total. L'ETS donne des cours à longueur d'année. Les résidences sont donc en demande même l'été, ce qui améliore leur rentabilité, dit M. Beauchamp.

Finalement, l'École bâtira en 2013 une Maison des étudiants, une sorte de centre universitaire où on logera les associations étudiantes et d'autres services aux étudiants. D'autres résidences sont aussi prévues aux étages. Dans une seconde phase, l'école ajoutera un bloc sportif comprenant un terrain de soccer synthétique sur le toit de l'immeuble et un aréna. Le financement n'est pas ficelé. La première phase de 25 millions doit tout de même être livrée en 2013.