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Usine d'urée à Bécancour: le financement d'IFFCO pose problème

L'usine d'engrais à Bécancour était un des plus gros... (PHOTO FRANÇOIS GERVAIS, ARCHIVES LE NOUVELLISTE)

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L'usine d'engrais à Bécancour était un des plus gros projet industriel annoncé au Québec depuis plusieurs années.

PHOTO FRANÇOIS GERVAIS, ARCHIVES LE NOUVELLISTE

Hélène Baril

La chute du prix de l'urée sur les marchés a refroidi les investisseurs intéressés à financer le projet de construction d'une usine de 2 milliards de dollars à Bécancour, qui est encore une fois reporté.

«Les conditions actuelles du marché ne favorisent pas la conclusion du financement requis», a expliqué hier Claude Lafleur, chef de la direction d'IFFCO Canada, en annonçant la mise en veilleuse du projet.

Il y a un an presque jour pour jour, les partenaires avaient annoncé le report de leur projet à cause d'une hausse importante des coûts. D'abord évalué à 1,2 milliard, l'investissement nécessaire à la construction de l'usine d'engrais avait bondi à 2,0 milliards.

Cette fois, c'est le financement qui pose problème. «Le prix de l'urée est à son plus bas niveau en cinq ans, et la prudence des investisseurs en est conséquente», ont fait savoir La Coop fédérée et son partenaire indien IFFCO, qui est aussi une coopérative.

Le prix de l'urée a baissé de moitié depuis que le projet d'investissement a été annoncé en 2012. Pour Bécancour, il s'agit d'une très mauvaise nouvelle. L'investissement d'IFFCO avait été annoncé la même année que la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2 et la perte de ses 800 emplois. Quelque 200 emplois permanents devaient être créés.

«J'essaie de rester positif, a commenté hier Jean-Guy Dubois, maire de Bécancour. On souhaite que le marché se replace».

Report et non-abandon

La Coop fédérée et son partenaire assurent que ce nouveau report ne signifie pas la fin du projet. «Nous n'annonçons pas l'abandon du projet. C'est le cours actuel de l'urée qui ne permet pas aux promoteurs et aux investisseurs d'atteindre la rentabilité anticipée pour notre usine», a expliqué Claude Lafleur.

Ni son partenaire n'ont voulu accorder d'entrevue. Selon eux, la future usine «répond toujours et plus que jamais à un besoin majeur du marché agricole québécois et canadien dans un monde géopolitique mouvementé».

Selon le maire de Bécancour, les accords internationaux conclus à Paris sur l'environnement sont de nature à favoriser le projet québécois parce que les producteurs concurrents, en Chine notamment, utilisent des sources d'énergie plus polluantes que le gaz naturel.

La disponibilité et le bas prix du gaz naturel ont été déterminants dans le choix du Québec pour accueillir cet investissement, un des plus importants des 25 dernières années.

Si le projet voit le jour, l'usine de Bécancour sera le plus important consommateur de gaz naturel de la province. Des inquiétudes quant à l'approvisionnement en gaz ont pesé sur le projet, mais cet obstacle avait été levé l'été dernier.

En attendant une remontée des prix de l'urée, la coentreprise maintiendra ouverts ses bureaux de Montréal et de Bécancour.

PRIX DE L'URÉE

> Mai 2012: 496,70$US/tonne

> Novembre 2015: 257,00$US/tonne




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