Porto Rico menacé de défauts de paiements «en cascade»

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De nombreux fonds de pension américains ont investi en masse dans cet archipel autrefois prospère, séduits par de forts rendements.

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Virginie MONTET
Agence France-Presse
Washington

L'archipel américain de Porto Rico, qui risque de manquer un remboursement lundi, est menacé d'une «cascade» de défauts de paiement sans une action urgente du Congrès des États-Unis, a mis en garde le Trésor.

«Porto Rico fait face à une série de défauts de paiements en cascade», a averti le secrétaire américain au Trésor Jacob Lew dans une lettre au Congrès, ajoutant que les poursuites judiciaires «qui sont déjà à l'oeuvre vont s'intensifier».

Le gouverneur de l'île américaine des Caraïbes Alejandro Garcia Padilla a annoncé dimanche que la banque de développement gouvernementale (GDB), l'équivalent pour l'île du Trésor américain, ne paierait pas dans l'immédiat un remboursement de dette de près de 400 millions de dollars, au risque de déclencher des poursuites judiciaires.

«J'ai fait un choix», a indiqué M. Padilla à ses compatriotes. «J'ai décidé que vos besoins élémentaires étaient plus importants que quoi que ce soit d'autre».

Il a expliqué que Porto Rico ne pouvait pas payer ses créanciers alors qu'il avait besoin d'argent pour honorer les salaires du secteur public ou les budgets de la santé et de l'éducation, mettant en avant dans le cas contraire le risque d'une «crise humanitaire» dans le pays.

«Nous restons préoccupés par l'impact de la crise budgétaire sur les plus pauvres et les plus vulnérables», a commenté lundi Eric LeCompte, de la coalition d'ONG Jubilee USA, affirmant que plus de la moitié des enfants sur l'île vivaient «dans la pauvreté».

Le territoire, qui est rattaché aux États-Unis mais n'est pas un État américain, croule sous une dette de plus de 70 milliards de dollars et ne peut pas, sans une loi du Congrès, se déclarer en faillite comme une municipalité.

Officiel depuis lundi, ce moratoire sur près de 400 millions de dollars de dette «est le dernier d'une série de défauts de paiement qui ont commencé cet été», a rappelé M. Lew dans sa lettre.

C'est aussi le plus important moratoire sur la dette portoricaine depuis le début de la crise, qui a provoqué un exode des habitants de l'île vers les États-Unis.

Contentieux 

Le responsable américain a également souligné qu'une nouvelle échéance importante se profilait le 1er juillet, date à laquelle Porto Rico doit verser quelque 2 milliards de dollars mais ne pourra «simplement pas se permettre de rembourser sa dette».

«Cette vague prolongée de contentieux, entre créanciers concurrents et Porto Rico pourrait prendre des années à être résolue», a-t-il par ailleurs averti demandant une nouvelle fois au Congrès d'adopter des mesures permettant «un processus de restructuration transparent».

«Le Congrès doit travailler rapidement pour résoudre les questions en suspens sur le projet de loi destiné à aider Porto Rico», a plaidé M. Lew dans sa lettre aux élus assurant que des discussions «constructives et engageant les deux parties» avaient eu lieu.

De nombreux fonds de pension américains ont investi en masse dans cet archipel autrefois prospère, séduits par de forts rendements.

Parmi ces investisseurs, selon Bloomberg, figurent Thompson Investment Management, Frost Investment Advisors, Baird Financial Group, Texas Mutual Insurance Co.

Deux sociétés d'investissement ont déjà lancé des actions en justice contre Porto Rico pour contester la légalité des techniques déployées par l'île pour éviter un défaut sur sa dette principale.

«Sans action pour mettre en place un cadre viable pour restructurer l'endettement de Porto Rico, les détenteurs d'obligations vont expérimenter un dénouement fastidieux et chaotique avec la réelle possibilité de ne pas être payés», a encore averti M. Lew.

Autrefois prospère, l'île est depuis une dizaine d'années plongée dans une récession provoquée par la fin d'un système d'exonération fiscale qui avait attiré les entreprises nord-américaines en nombre.

Face à la chute de l'activité économique, les gouvernements successifs avaient dû émettre de la dette pour combler le déficit croissant des finances publiques.




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