Les cours du pétrole ont monté jeudi, confirmant avoir retrouvé une bonne disposition face aux chances d'une résorption marquée de l'offre mondiale et malgré l'absence d'élément moteur dans l'actualité.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Le prix du baril de «light sweet crude» (WTI), référence américaine du brut, a gagné 55 cents à 51,70 dollars sur le contrat pour livraison en mai au New York Mercantile Exchange (Nymex).

À Londres, le cours du baril de Brent de la mer du Nord a pris 53 cents à 54,89 dollars sur le contrat pour livraison en juin à l'Intercontinental Exchange (ICE).

Le marché fait preuve «de sa capacité à ignorer les mauvaises nouvelles tout en réagissant aux bonnes», a résumé dans une note Tim Evans, y voyant la «définition» d'une tendance générale à la hausse.

De fait, l'actualité du pétrole n'a guère fourni d'actualités dans un sens ou l'autre jeudi et les observateurs se consacraient largement à commenter les chiffres de la veille sur l'offre américaine.

«Le sentiment général du marché s'est manifestement bien sorti de l'épreuve posée par ces chiffres qui étaient plus mauvais que prévu», a remarqué M. Evans.

Les investisseurs avaient subi le coup d'une hausse inattendue des stocks américains de brut, à un nouveau record, mais les cours avaient réussi à se maintenir dans le vert mercredi et sont maintenant repartis de l'avant.

«Malgré la hausse des réserves, les raffineries américaines ont fonctionné à une cadence très soutenue, donc le marché se prépare à les voir sortir de maintenance et contribuer à la demande», a estimé Phil Flynn, de Price Futures Group.

Les stocks américains sont particulièrement surveillés car ils représentent assez fidèlement l'évolution des réserves mondiales. Or, les investisseurs comptent les voir diminuer à terme à la suite de réductions de l'offre organisée depuis janvier par les membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et d'autres pays, à l'exception certes notable des États-Unis.

L'emploi attendu aux É.-U.

«Avec la reprise de l'activité de nombreuses raffineries (...), les effets des mesures de l'OPEP seront visibles à partir de la mi-mai», ont avancé les analystes de Energy Aspects.

Les investisseurs espèrent aussi voir l'OPEP décider de prolonger ces quotas au-delà de leur actuelle date d'expiration, fin juin, même si beaucoup craignent que des membres du cartel fassent preuve de mauvaise volonté au moment où les compagnies américaines semblent profiter de la situation pour faire repartir leur activité.

Pour l'heure, «on attend déjà demain avec les chiffres de l'emploi américain», a jugé Matt Smith, de ClipperData.

Si ce rapport mensuel est bon, ce sera un bon signe sur la demande, mais cela pourra aussi «avoir un effet négatif sur le marché en renforçant le dollar», comme a prévenu M. Smith.

Un renforcement du billet vert est susceptible de nuire au marché pétrolier car le brut est libellé en monnaie américaine et devient donc plus coûteux pour les acheteurs munis d'autres devises.