Les cours du pétrole ont fini en forte hausse mercredi à New York, le marché se réjouissant de voir un déclin inattendu des réserves de brut aux États-Unis, accompagné d'un nouveau léger reflux de la production nationale.

Mis à jour le 16 sept. 2015
AGENCE FRANCE-PRESSE

Le cours du baril de «light sweet crude» (WTI) pour livraison en octobre a gagné 2,56 dollars à 47,15 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), soit un bond de près de 6% en une seule séance.

À Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre, dont c'était le premier jour d'utilisation comme contrat de référence, valait 49,75 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 2,00 dollars par rapport à la clôture de mardi.

Les chiffres hebdomadaires du ministère américain de l'Énergie (DoE) sur les stocks ont montré que ceux de brut avaient reculé de 2,1 millions de barils, alors que les experts interrogés par l'agence Bloomberg s'attendaient à une hausse de deux millions de barils.

«Mais le chiffre important, c'est celui du terminal de Cushing» (Oklahoma, sud des États-Unis), qui sert de référence au WTI, a assuré Bob Yawger, de Mizuho Securities. Les réserves stockées dans ce terminal ont reculé de 1,9 million de barils.

«Cela implique qu'on perd de la production aux États-Unis», a-t-il souligné, même si le chiffre du jour n'a révélé qu'un reflux de 18 000 barils par jour à cet égard.

«Ce n'est pas grand-chose, mais avec le chiffre de Cushing cela implique qu'on pourrait voir prochainement» un plus gros déclin de la production, dans un contexte où le marché se focalise sur l'évolution à prévoir de l'offre dans un marché écrasé par la surabondance mondiale.

La Fed surveillée

D'autres analystes restaient toutefois très circonspects.

Thomas Pugh, chez Capital Economics, a souligné que les raffineries avaient contre toute attente augmenté la cadence, alors même qu'est censée débuter la saison des mises à l'arrêt provoquées par les opérations de maintenance, avec des répercussions sur la baisse des stocks de brut et la hausse de ceux d'essence.

«Deux grandes raffineries, dont celle de Whiting dans l'Indiana (nord des États-Unis) ont redémarré après des périodes de maintenance non prévues», a expliqué M. Pugh.

Les réserves d'essence ont augmenté de 2,8 millions de barils, alors que les analystes interrogés par Bloomberg annonçaient une baisse de 500 000 barils.

Les stocks de produits distillés (dont le gazole, le fioul de chauffage et le kérosène) ont augmenté de 3,1 millions de barils, bien plus que l'avancée de 300 000 barils prévue.

Toutes catégories confondues, les stocks pétroliers américains ont monté de 8,5 millions de barils, «ce qui donne au rapport une dimension baissière», a souligné Torbjorn Kjus, de DNB Markets.

Nul ne se risquait à prédire toutefois la tendance pour jeudi, alors que la Réserve fédérale américaine doit annoncer une demi-heure avant la clôture si elle rehausse ou non ses taux d'intérêts.

Une hausse devrait entraîner une revalorisation du dollar, pénalisante pour les acheteurs d'or noir munis d'autres devises puisque les échanges sont libellés en billets verts.

«S'il y a une forte hausse du dollar, cela pourrait mettre le brut sous pression, mais la corrélation inversée entre le dollar et le brut semble s'être relâchée ces derniers jours», a déclaré M. Yawger.