Le pétrole baissait mercredi à New York, les investisseurs suspendant toute décision risquée à quelques heures de la publication des minutes de la banque centrale américaine, qui pourraient donner des indices sur l'avenir de sa politique de relance.

Mis à jour le 21 août 2013
AGENCE FRANCE-PRESSE

Vers 9h30, le baril de «light sweet crude» (WTI) pour livraison en octobre cédait 45 cents à 104,66 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).

«Les prix devraient être soutenus pour plusieurs raisons, notamment à cause d'une situation au Moyen-Orient toujours délicate, mais on assiste à des prises de bénéfices et une extrême prudence qui domine le marché dans l'attente de ce que va dire la Fed», estime Carl Larry, de Oil Outlooks and Opinion.

Sur le plan de l'évolution de la situation au Moyen-Orient, il note notamment l'entrée en jeu de l'Arabie Saoudite, deuxième pays producteur de pétrole et allié des États-Unis, qui apporte son soutien entier à l'armée égyptienne contre les Frères musulmans.

«Si cette alliance avec les Américains vacille, cela peut être une menace sur l'offre», observe Carl Larry.

Les États-Unis soutiennent financièrement l'armée égyptienne mais en raison des violences qui sévissent actuellement dans le pays, ils ont prévenu qu'ils revoyaient leur politique à l'égard de ce pays.

Autre raison qui devrait soutenir les prix du baril: les investisseurs opérant sur le marché pétrolier attendaient la diffusion, mercredi à 10h30 par le département américain de l'Énergie, du niveau des stocks de pétrole américains pour la semaine terminée le 16 août.

Or selon les analystes interrogés par l'agence Dow Jones Newswires, les réserves de brut auraient reculé de 1,3 million de barils, de même que celles d'essence, toujours surveillées même si la saison estivale des grands déplacements automobiles touche à sa fin.

Les stocks de produits distillés, qui incluent le gazole et le fioul de chauffage, auraient eux progressé de 800 000 barils.

Mais les stocks et le Moyen-Orient restaient dans l'ombre du compte-rendu de la dernière réunion du comité de politique monétaire de la Fed mercredi, dont la publication est prévue à 14h00. Celui-ci pourrait en effet permettre aux investisseurs de mieux juger des intentions de la banque centrale américaine.

Certains de ses responsables ont laissé entendre qu'elle pourrait commencer à ralentir dès septembre ses énormes injections de liquidités, à hauteur de 85 milliards de dollars par mois, une décision qui reste dépendante de la vigueur de l'économie. Les indicateurs récents, contrastés, ne permettant pas de prédire une telle décision, l'incertitude crispe le marché.

La perspective d'une diminution de ces injections refroidit les marchés car elles ont largement poussé les courtiers à investir dans des actifs risqués, notamment le pétrole.