Les prix du pétrole se repliaient mercredi en cours d'échanges européens, se maintenant à Londres sous le seuil des 100 dollars le baril, dans un marché inquiet pour l'économie mondiale et prudent avant les stocks américains d'or noir.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Vers 6h30, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin, dont c'est le deuxième jour d'utilisation comme contrat de référence, valait 99,28 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 63 cents par rapport à la clôture de mardi.

Il était descendu mardi jusqu'à 98,00 dollars, son niveau le plus faible depuis le 11 juillet 2012, tombant sous le seuil des 100 dollars pour la première fois en neuf mois.

Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» (WTI) pour livraison en mai cédait 66 cents à 88,06 dollars.

Les cours du baril, qui avaient fortement dégringolé lundi après des indicateurs décevants aux États-Unis et en Chine -- les deux principaux pays consommateurs de brut --, ont échoué à se reprendre mardi et creusaient leurs pertes mercredi.

«Il n'y a rien eu de particulièrement encourageant (dans les statistiques économiques) où que ce soit dans le monde», observait David Hufton, analyste du courtier PVM, soulignant notamment que le Fonds monétaire international (FMI) avait abaissé ses prévisions de croissance économique mondiale pour 2013.

Alors que l'annonce d'un ralentissement inattendu de la croissance chinoise au premier trimestre avait avivé lundi les inquiétudes des opérateurs sur la demande énergétique du géant asiatique, le FMI a révisé mardi à la baisse sa prévision de croissance annuelle pour le pays.

«Les craintes pour la consommation pétrolière mondiale continuent de hanter le marché (...) il ne faut pas s'attendre à un rebond solide à court terme», estimait de son côté Andrey Kryuchenkov, analyste de VTB Capital.

Sur le front de l'offre, même si le seuil de 100 dollars est considéré comme le niveau de cours «approprié» par l'Arabie saoudite, chef de file de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), le cartel attendra une baisse prolongée des prix avant de réduire sa production, estimait l'analyste.

Ainsi, «les cours devraient rester cantonnés dans une fourchette étroite» dans un marché suspendu à tout nouvel indicateur macroéconomique et attentif aux chiffres hebdomadaires sur les stocks américains d'or noir, observait M. Kryuchenkov.

Les statistiques du Département américain de l'Énergie, publiées mercredi, sont considérées comme un baromètre de la demande énergétique des États-Unis, premier pays consommateur de brut.

Selon les analystes interrogés par l'agence Dow Jones Newswires, le Département américain de l'Énergie devrait faire état d'une hausse de 900 000 barils des stocks américains de brut sur la semaine achevée le 12 avril.

Ces réserves avaient gonflé de plus de 6,3 millions de barils au cours des trois semaines précédentes, atteignant leur plus haut niveau depuis juillet 1990, et alimentant les inquiétudes sur la surabondance d'or noir aux États-Unis.

En revanche, les stocks d'essence sont attendus en baisse de 500 000 barils, et les stocks de produits distillés (dont le gazole et le fioul de chauffage), très surveillés au sortir d'un hiver rigoureux, devraient avoir aussi enregistré un recul de 500 000 barils.