La demande de gaz naturel va doubler au cours des deux prochaines décennies, prévoit le Conference Board, qui estime que les investissements nécessaires pour satisfaire cette demande donneront un coup de fouet à l'économie canadienne, et à celle du Québec... s'il décide de monter dans le train.

Hélène Baril LA PRESSE

Si le Québec devait renoncer à exploiter ses ressources de gaz naturel, son économie profitera quand même des retombées indirectes des investissements faits dans les autres provinces, selon un rapport publié hier par l'organisme de recherche.

«Si les avantages de cette activité se font surtout sentir dans les provinces productrices, la croissance qui en résulte entraîne des gains dans toutes les industries de la fabrication, de la construction et des services de toutes les provinces», explique Pedro Antunes, directeur des prévisions économiques du Conference Board.

Ainsi, une part importante des investissements faits dans le secteur du gaz naturel dans les autres provinces canadiennes profitera à l'économie du Québec et à celle de l'Ontario, dont les bases économiques sont diversifiées.

La part du lion, toutefois, reviendra aux provinces qui investiront dans l'exploitation du gaz naturel présent sur leur territoire, comme la Colombie-Britannique et l'Alberta.

Pour le Québec, l'étude du Conference Board fait l'hypothèse qu'un compromis sera trouvé entre l'industrie du gaz de schiste et le gouvernement, et que la moitié des besoins en gaz naturel de la province sera produite localement. Si c'est le cas, ce sont 11 milliards qui seront investis pour mettre 70 puits en activité d'ici à 2020, estime le Conference Board, qui reconnaît toutefois que ces prévisions relèvent de la spéculation.

Depuis le changement de gouvernement, en septembre dernier, une grande incertitude entoure l'industrie du gaz de schiste au Québec. Pour le moment, rien ne bouge et tout le monde attend les recommandations d'une évaluation environnementale stratégique qui devraient être connues en 2013.

Prix plus élevés

La demande de gaz naturel sera tirée vers le haut par le secteur de l'énergie, tant la production de pétrole issu des sables bitumineux que la production d'électricité. Les marchés d'exportation feront aussi augmenter la demande de gaz naturel canadien, tout comme les véhicules alimentés au gaz naturel, «qui présentent un énorme potentiel de croissance», selon le rapport du Conference Board.

En conséquence, le prix du gaz naturel devrait se redresser lentement. Historiquement, le pétrole était 10 fois plus cher que le gaz naturel, et ce rapport est maintenant à un niveau record de 30 fois. D'ici à 2035, prévoit le rapport, le prix du pétrole sera 13 fois plus élevé que celui du gaz naturel.

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INVESTISSEMENTS PRÉVUS (2012-2025)

> C.-B.: 181 milliards

> Alberta: 154 milliards

> Ontario: 25 milliards

> Saskatchewan: 14 milliards

> Québec: 11 milliards

> Canada (total): 386 milliards