Fini l'époque où Agnico-Eagle pouvait dire qu'elle extrayait l'or du sol à un coût... négatif. La minière ontarienne s'est fait rattraper par la chute des métaux de base et a annoncé des profits en baisse tant au dernier trimestre que pour l'ensemble de l'année 2008.

Mis à jour le 19 févr. 2009
Philippe Mercure
Philippe Mercure LA PRESSE

Agnico-Eagle a longtemps profité d'une situation presque trop belle pour être vrai à sa mine de Laronde, en Abitibi. En y cassant la roche pour extraire l'or, elle y ramassait par la bande du zinc, de l'argent et du cuivre qu'elle revendait. Résultat: en calculant les dollars générés par ces métaux de base, l'entreprise pouvait clamer qu'elle sortait l'or du sol à un coût... négatif.

 

Hélas, la chute des métaux de base a renversé la situation. «Ces jours-là sont terminés», a admis hier à La Presse Affaires Ebehard Sherkus, président et chef de la direction d'Agnico.

L'entreprise a annoncé hier des profits de 21,9 millions de dollars, ou 15 cents par action, au quatrième trimestre de 2008, une baisse de 66% par rapport aux 65,16 millions de l'an dernier. Agnico a conclu l'année 2008 avec des profits de 73,17 millions, une baisse de 47% par rapport à l'an dernier.

Mais les résultats du quatrième trimestre cachent des gains liés à la fluctuation des monnaies et des effets liés aux taxes. En excluant les éléments inhabituels, Agnico-Eagle n'affiche en fait aucun profit, rejoignant ainsi les prévisions des analystes.

Une analyse plus fine montre à quel point les métaux de base, qui représentent 35% des revenus d'Agnico, ont fait la différence. Au quatrième trimestre, Agnico-Eagle a vendu son or, valeur refuge par excellente en période de crise économique, à peu près au même prix que l'an dernier (789$US l'once, comparativement à 895$US en 2007).

Mais alors que l'entreprise encaissait 6134$US par tonne de cuivre vendue au quatrième trimestre de 2007, elle en perdait 374$US un an plus tard.

Avec une deuxième mine qui vient d'entrer en exploitation en Abitibi (Goldex), une autre qui ouvrira en avril (Lapa) et une troisième prévue pour septembre au Mexique (Pinos Altos), Agnico-Eagle prévoit cependant doubler sa production d'or cette année. «Là, l'or va représenter de 80 à 90% de notre production», dit M. Sherkus, qui prévoit que l'once d'or se négociera à au moins à 750$US l'once en 2009.

Les résultats ont été annoncés hier après la fermeture des marchés. L'action d'Agnico-Eagle avait clôturé à 67,30$, en baisse de 1,9%.