Philanthropie: des emplois de plus en plus professionnels

Vincent Cliche est conseiller en placement à la Financière Banque... (PHOTO YAN DOUBLET, LE SOLEIL)

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Vincent Cliche est conseiller en placement à la Financière Banque Nationale et vice-président des Jeunes philanthropes de Québec.

PHOTO YAN DOUBLET, LE SOLEIL

Le secteur de la philanthropie comprend de nombreux travailleurs lorsqu'on tient compte des employés des 16 000 organismes de bienfaisance enregistrés au Québec et des ressources dédiées aux activités philanthropiques des entreprises. Ces emplois sont en mutation. Voici quelques tendances observées sur le terrain.

Professionnalisation

Il n'y a pas si longtemps, on voyait régulièrement un bénévole sans diplôme devenir directeur d'un organisme de bienfaisance. Aujourd'hui, on exige souvent un diplôme universitaire et de l'expérience dans le domaine.

«On assiste à une professionnalisation du secteur et on demande une grande polyvalence: compétences en finance, en communication, en relations publiques, en marketing, en ventes», énumère Jacinthe Roy, présidente du conseil d'administration de l'Association des professionnels en gestion philanthropique (APGP) et directrice, activités philanthropiques, à la Fondation OLO.

Christian Bolduc, associé, président-directeur général, chez BNP Stratégies, firme spécialisée en gestion philanthropique, remarque qu'on a aussi besoin maintenant de compétences en recherche et en gestion des bases de données.

«On commence beaucoup à travailler sur les dons individuels et cela nécessite d'avoir de bonnes bases de données segmentées pour solliciter les gens stratégiquement», explique-t-il.

Formations

L'offre de formation continue en philanthropie s'est bonifiée dans les dernières années, et l'Université de Montréal a proposé le premier programme universitaire dans le domaine au Québec en 2009. Le certificat en gestion philanthropique attire maintenant environ 80 nouveaux étudiants par année.

«Nous aimerions maintenant offrir entre autres des cours plus pointus sur certains aspects de la philanthropie et sur l'utilisation des réseaux sociaux», affirme Caroline Bergeron, responsable du programme.

Quelques professionnels du domaine se rendent aussi aux États-Unis pour suivre des formations, remarque Jacinthe Roy. Elle donne comme exemple le programme Certified Fund Raising Executive (CFRE) de l'Association of Fundraising Professionals et les nombreux programmes crédités et non crédités de l'Université de l'Indiana.

En entreprise

De plus en plus d'entreprises sont actives en philanthropie et certaines embauchent du personnel spécialisé. Telus, par exemple, a créé dans plusieurs villes canadiennes un comité d'investissement communautaire. Au Québec, on en trouve à Montréal, à Québec et à Rimouski.

François Gratton, président, Telus Québec et provinces de l'Atlantique, explique que chaque comité est formé d'un gestionnaire des relations avec la communauté, un emploi à temps plein, puis d'une majorité de membres externes à Telus, comme des leaders du monde des affaires et de différentes sphères de la communauté. «Chaque comité se voit attribuer un budget, les organismes soumettent des projets, le gestionnaire des relations avec la communauté fait des recherches et à partir de ces informations, le comité vote pour choisir les organismes financés», précise-t-il.

Chasser les talents

Avec la professionnalisation du secteur, des chasseurs de têtes s'activent afin de dénicher les meilleurs candidats pour les organismes de philanthropie.

«Plusieurs cadres dans des entreprises souhaitent faire le saut en philanthropie et c'est intéressant, parce qu'ils arrivent avec des façons de faire éprouvées», affirme Alexandre Raymond, associé chez Raymond recherche de cadres.

Mais chaque fois, il s'assure que la personne s'est déjà impliquée dans des organismes de philanthropie pour éviter un choc trop grand.

«Il y a beaucoup à faire et peu de ressources, alors la gestion doit être très serrée, affirme Alexandre Raymond. Puis, gérer des bénévoles est différent de gérer des employés. Il faut aussi une grande capacité à collecter des fonds.»

Avec ces exigences, le salaire et les avantages sociaux offerts se sont bonifiés. «Les gens au Québec semblent obnubilés par les salaires des dirigeants, mais je crois que le plus important est de regarder ce que ces personnes génèrent, affirme Christian Bolduc. C'est difficile d'attirer les meilleurs talents sans les rémunérer.»

Stimuler la relève

Pour assurer une relève en philanthropie, les organisations doivent intéresser les jeunes à leur cause. Les initiatives se multiplient depuis quelques années avec notamment, le Cercle des jeunes leaders de la Fondation Sainte-Justine et la Bourse des jeunes mécènes pour les arts.

«Nous voulions nous impliquer dans le projet d'agrandissement du MNBAQ financé en grande partie par la philanthropie», explique Julie-Maude Perron, avocate, présidente du Cercle 179 de la Fondation du Musée national des beaux-arts du Québec.

En remplaçant par exemple le traditionnel tournoi de golf par un tournoi de pétanque, l'organisme veut rendre les événements-bénéfice plus accessibles.

Le groupe Jeunes philanthropes de Québec organise pour sa part des collectes de fonds pour soutenir des projets de différents organismes pour aider les jeunes.

«L'idée est de développer et de valoriser la philanthropie chez les jeunes, puis de se réunir pour avoir plus d'impact», explique Vincent Cliche, conseiller en placement et vice-président des Jeunes philanthropes de Québec.




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