Question pour un patron: bien communiquer le changement

« Notre objectif ultime est de changer la... (Photo Martin Chamberland, La Presse)

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« Notre objectif ultime est de changer la façon de vendre et d'acheter une propriété au bénéfice des consommateurs. Nous avons la chance d'avoir une équipe engagée, jeune et dynamique, qui veut faire une différence», explique Marco Dodier, président et chef de la direction de DuProprio.

Photo Martin Chamberland, La Presse

Emilie Laperrière

Collaboration spéciale

La Presse

La Presse donne la parole aux grands dirigeants du Québec. Chaque samedi, un patron répond à cinq questions posées par le chef d'entreprise interviewé la semaine précédente. Et ainsi de suite. Le président et chef de la direction de DuProprio, Marco Dodier, répond aujourd'hui aux questions du cofondateur et chef de la création de l'agence Sid Lee, Philippe Meunier.

Q: Avez-vous déjà frôlé la faillite dans un de vos projets entrepreneuriaux? Si oui, quelle en était la plus grande leçon?

R: Non, jamais. J'ai déjà vécu avec très peu par contre. Lorsque nous avons fondé notre première entreprise (Cesart, qui appartient maintenant à Bell) en 1996, nous ne nous sommes pas versé de salaire durant la première année. L'année d'après, on se versait 400$ par mois. On ne dépense pas beaucoup lorsqu'on travaille tout le temps!

Je me suis donné une règle de vie très jeune: celle de toujours vivre bien en deçà de mes moyens afin d'être le plus libre et le plus indépendant possible. Je la suis encore aujourd'hui.

Q: Si un jour un de vos enfants vendait sa maison sur Facebook, quelle serait votre réaction?

R: Je serais fier que mon enfant ait eu le bon réflexe. Le propriétaire est toujours le mieux placé pour vendre sa maison et la vendre sans commission est une décision payante. Je lui dirais par contre qu'informer 300 ou même 1000 amis, c'est bien, mais qu'il aurait avantage à avoir accès à plus de visibilité.

Q: Quelle place laissez-vous à la créativité dans votre entreprise?

R: DuProprio est un nouveau modèle. Par défaut, l'innovation est au coeur de notre entreprise. Nous sommes des pionniers dans nos services et dans notre façon de les offrir.

Par exemple, nous avons été les premiers à intégrer Google Street View à nos annonces et ce sont nos employés qui ont insisté pour l'introduire dès que Google a offert le service. Nous avons également été la première entreprise immobilière canadienne à lancer une application pour iPhone. Apple s'en était même servi dans l'une de ses publicités télé. Pour moi, la création en entreprise se résume à comprendre un besoin et innover tout en créant une valeur tangible.

Q: Comment faites-vous pour inspirer le changement dans votre entreprise?

R: Il ne faut pas que l'inspiration vienne seulement d'un individu, que le porte-parole devienne plus fort que l'entreprise. Quand on passe de 60 employés à 425 en 5 ans, les choses bougent. Pour inspirer le changement, il faut être capable de bien le communiquer, de le ramener au niveau de la personne qui sera affectée, de le normaliser et d'expliquer pourquoi il est important. Notre objectif ultime est de changer la façon de vendre et d'acheter une propriété au bénéfice des consommateurs. Nous avons la chance d'avoir une équipe engagée, jeune et dynamique, qui veut faire une différence.

Le plus beau là-dedans, c'est que chaque employé peut voir les effets de son travail grâce aux témoignages de satisfaction de nos clients qui s'accumulent ou grâce aux pancartes vertes qui se multiplient.

Q: Vous avez changé l'immobilier au Québec. Quelle autre industrie souhaiteriez-vous transformer?

R: Le travail est loin d'être complété pour changer l'immobilier au Québec! C'est probablement l'industrie la plus difficile à changer.

Sa réglementation contraignante sert mal les intérêts des consommateurs puisqu'elle rend l'apparition de nouveaux modèles difficile. Je concentre mon énergie à changer cette industrie.

Sinon, une industrie que j'aimerais voir évoluer autrement est la santé. Nous pensons résoudre le problème en créant des super hôpitaux et en facilitant l'accès au privé. C'est à mon avis une vision réactive qui ne s'attaque pas à la source du problème. Il faut valoriser les saines habitudes de vie et motiver les gens à les adopter. Pierre Lavoie a créé un mouvement fantastique pour sensibiliser les gens à cet enjeu, mais il faudrait en faire encore plus.

Le parcours de Marco Dodier en bref

> Âge: 40 ans

> Études: Marco Dodier possède un diplôme en génie industriel de l'Université du Québec à Trois-Rivières.

> Président depuis: 2009

> Nombre d'employés: 400 au Canada

> Avant d'être à la tête de DuProprio: Il a notamment été président de Gesca Investissements Numériques, été président de Cyberpresse et a fondé la firme w.illi.am.

À lire samedi prochain: la coprésidente du Groupe Germain, Christiane Germain, répond aux cinq questions posées par Marco Dodier.




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