Au cours de la prochaine décennie, les besoins en main-d'oeuvre augmenteront plus rapidement que la population active. De nombreuses entreprises risquent d'avoir du mal à trouver du personnel qualifié, notamment du côté des sciences et de la technologie.

Caroline Rodgers, collaboration spéciale LA PRESSE

Dans ce contexte, l'Association francophone pour le savoir (ACFAS) s'est penchée sur la question. Elle vient de dévoiler les résultats d'une étude faisant appel à 170 intervenants issus du réseau universitaire et collégial, ainsi que des PME.

De façon générale, l'étude plaide pour une meilleure collaboration entre le milieu de l'éducation et les entreprises afin d'assurer la relève.

À cet effet, l'organisme y va de 11 recommandations. L'objectif principal est d'atteindre un meilleur équilibre entre l'offre et la demande en matière de ressources humaines en sciences et technologies dans l'économie québécoise.

Orientation

Parmi ces recommandations, on note la nécessité de créer une plateforme vraiment conviviale sur l'internet, qui s'adresse aux jeunes et à leurs parents, pour faciliter le processus d'orientation et le choix de carrière.

En effet, il y a aujourd'hui tant de programmes d'études offerts qu'ils peinent à s'y retrouver! Devant l'océan d'information disponible, beaucoup se sentent démunis. La nouvelle plateforme offrirait l'information complète sur les différents métiers et professions disponibles dans les différents secteurs industriels au Québec, sur leurs exigences scolaires et sur leurs conditions d'exercice.

«On veut que les jeunes soient autonomes pour pouvoir eux-mêmes commencer à faire des recherches, dit Hélène P. Tremblay, présidente du comité de la relève de l'ACFAS. Ils ne peuvent pas compter seulement sur les conseillers en orientation et les professeurs. Des outils existent déjà, mais certains d'entre eux sont ternes et peu conviviaux.»

Certes, il existe déjà des sites d'information intéressants sur les secteurs d'emploi, par exemple les sites des Comités sectoriels de main-d'oeuvre, comme EnviroCompétences ou TechnoCompétences. Mais avant d'en arriver à cette étape, le jeune doit d'abord avoir une idée de ce qu'il aimerait faire. «On veut que ce nouvel outil soit interactif et intervienne aussi à une étape antérieure de la réflexion, pour aider le jeune à définir ses préférences et ses aptitudes», ajoute Mme Tremblay.

Recrutement et stages

Autre constat important de l'étude: ce sont surtout les PME qui peinent à recruter du personnel qualifié. De façon générale, elles recherchent des candidats qui, en plus de posséder les connaissances et les compétences relatives à leur domaine d'étude, sont polyvalents, curieux et créatifs.

Le candidat idéal maîtrise aussi bien le français que l'anglais, il est capable de s'adapter rapidement et de travailler au sein d'équipes multidisciplinaires.

Mais au-delà de ces qualités, les entreprises recherchent des candidats ayant acquis le plus d'expérience possible au cours de leur cheminement scolaire. C'est pourquoi l'ACFAS a mis l'accent sur les stages dans ses recommandations.

«Les stages profitent à tous, dit Hélène Tremblay. Ils permettent aux étudiants de mieux connaître leurs préférences professionnelles et de persévérer. Ils aident les professeurs à se rapprocher des entreprises et à mieux comprendre leurs problématiques. Finalement, ils permettent aux entreprises de recruter de nouveaux diplômés en sélectionnant parmi leurs stagiaires.»

L'association recommande donc que les établissements d'enseignement supérieur offrent des stages en milieu de travail à tous les étudiants inscrits dans des programmes d'études menant à des emplois en milieu industriel.

Pour en maximiser les bénéfices, ces stages devraient être solidement encadrés, durer au moins trois mois et être rémunérés. De plus, chaque étudiant ferait un stage dans au moins deux milieux différents. On recommande également que le cours «Intégration à l'emploi» dispensé dans les cégeps soit rendu plus concret.

Immigration et formation continue

Par ailleurs, l'ACFAS suggère que les différents ministères concernés travaillent ensemble pour attirer des étudiants étrangers dans les programmes dont les perspectives d'emploi au Québec sont très favorables.

Sur le plan de la formation continue, une meilleure collaboration entre les différents intervenants est souhaitée.

«On sait que les entreprises apprécient la formation à distance, pour son côté pratique. Or, cette formation coûte très cher à développer. C'est pourquoi on recommande que les comités sectoriels de main-d'oeuvre regroupent les besoins de perfectionnement et de formation des entreprises de leurs secteurs, une bonne façon de répartir les coûts», dit Hélène Tremblay.

Pour consulter l'étude et les recommandations : www.acfas.ca