Les dépenses des consommateurs canadiens ont été au coeur de la reprise au pays. Maintenant, ils reprennent leur souffle... et c'est particulièrement vrai des Québécois, eux qui sont appelés à dépenser les fins de semaine, jusqu'à 20h au centre-ville de Montréal.

Isabelle Massé LA PRESSE

Les Montréalais et les touristes ne risquent plus de se heurter à des portes closes passé 17h, les samedis et dimanches. À compter de demain, les heures d'ouverture des commerces du centre-ville de Montréal (un quadrilatère délimité grosso modo par les rues Sherbrooke, Amherst, Saint-Jacques et Atwater) seront prolongées jusqu'à 20h, les week-ends. Et ce, pour les cinq prochaines années. La nouvelle touche plus de 3000 commerces. Les propriétaires de magasins n'ont toutefois aucune obligation de se soumettre à la règle. «On répond notamment au besoin des commerçants qui se retrouvaient avec beaucoup de clients dans leurs magasins à 17h et qu'ils étaient obligés de repousser vers les portes pour respecter la loi», raconte André Poulin, directeur général de la société de développement Destination centre-ville, de qui émane le projet.

L'officialisation de cette dérogation à la Loi sur les heures d'ouverture des commerces arrive après un projet-pilote que le maire Gérald Tremblay et le ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, Clément Gignac, estiment avoir été concluant (sans pouvoir dévoiler des chiffres de ventes toutefois). Dans les faits, on peut faire plus que du lèche-vitrine le soir au centre-ville depuis novembre 2008. «Il y a eu une période de rodage au début du projet-pilote, raconte André Poulin. C'est parti lentement, mais de plus en plus de commerçants ont adhéré. Cela dit, il y en aura toujours pour qui ce sera difficile d'ouvrir le soir. Ce n'est pas forcément intéressant pour les commerces de tours à bureaux, par exemple.»

Cette initiative renforcera le caractère international de la ville, estime également André Poulin. «Les principaux hôtels se trouvent au centre-ville, dit le directeur général. Après des visites, en fin de journée, il était impossible pour les touristes de magasiner. Ce n'était pas très hospitalier.»

«Avec les festivals et les différentes activités culturelles, l'ouverture prolongée des commerces ajoute à la vitalité de Montréal», indique Gaston Lafleur, président-directeur général du Conseil québécois du commerce de détail.

L'autorisation d'ouvrir les commerces jusqu'à 20h les fins de semaines est effective toute l'année. Dès le début du projet-pilote, il semble que les employés de boutiques aient accueilli la nouvelle favorablement. À la fois du côté de Destination centre-ville et du Conseil québécois du commerce de détail, on affirme n'avoir eu vent d'aucune plainte d'employés craignant des horaires surchargés. «Nos détaillants-membres essaient d'adapter les horaires pour satisfaire tous les employés», soutient Gaston Lafleur.

«Ouvrir trois heures de plus par soir, c'est raisonnable, soutient André Poulin. Ce n'est pas dans les plans des commerces de rester ouvert 24h sur 24. De plus, il y a beaucoup d'étudiants prêts à travailler à temps partiel. Ce n'est pas forcément des heures qui s'ajoutent à la semaine de travail des employés réguliers. Ça crée de l'emploi ultimement.»

En chiffres

36 milliards de ventes

En raison de prix plus faibles, les ventes au détail ont atteint 36 milliards de dollars en mai au Canada, en baisse de 0,2% en dollars courants. Le volume des ventes est toutefois en hausse de 0,4%.

+2,6% de vêtements

Dans les cinq sous-secteurs où les ventes ont été plus élevées en mai, la hausse la plus forte en pourcentage a été celle de 2,6% dans les magasins de vêtements et d'accessoires vestimentaires. Dans les magasins d'alimentation, la progression est de 0,9%.

-1,8% au Québec

Les ventes ont diminué dans cinq provinces. La baisse de 1,8% des ventes au Québec reflète un volume plus faible d'automobiles neuves vendues ici.

Source: Statistique Canada