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Données de l'emploi: un sursaut plutôt que l'anémie

En juillet, 18 000 emplois à temps plein ont été... (PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, ARCHIVES LA PRESSE)

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En juillet, 18 000 emplois à temps plein ont été perdus, soit bien moins que les 60 000 pertes annoncées une semaine plus tôt.

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, ARCHIVES LA PRESSE

Meilleure nouvelle pour l'économie canadienne, mais coup dur pour la réputation de Statistique Canada. Ainsi se résume l'impact de la publication hier des données corrigées sur l'emploi en juillet, après l'erreur constatée dans les données qui avaient été publiées une semaine plus tôt.

En juillet, donc, 41 500 emplois ont été créés au Canada, et non le nombre anémique de 200 emplois annoncé précédemment. Aussi, 18 000 emplois à temps plein ont été perdus, soit bien moins que les 60 000 pertes annoncées une semaine plus tôt.

Au Québec, la perte de 13 400 emplois en juillet s'est transformée en un gain de 1900 emplois. En Ontario, le gain de 15 100 emplois a été doublé à 39 500 emplois.

Déficit d'emplois

«Pour l'état de l'économie canadienne, les chiffres de l'emploi corrigés sont évidemment rassurants par rapport aux données presque catastrophiques qu'on nous avait annoncées la semaine dernière», a résumé Matthieu Arseneau, économiste principal à la Banque Nationale.

«Toutefois, la tendance d'une création d'emplois affaiblie que l'on observe depuis quelques mois se maintient. Et particulièrement au Québec, qui demeure en déficit de quelque 25 000 emplois depuis le début de l'année.»

Erreur gênante

Cela dit, même si la correction des données de l'emploi par Statistique Canada s'avère de peu d'impact sur l'analyse de la conjoncture économique à moyen terme, elle porte un coup dur à la réputation de l'agence fédérale et sa publication mensuelle la plus surveillée dans les marchés financiers et parmi les principaux intervenants en politique économique.

«De toute évidence, avoir fait une erreur de cette ampleur est quelque chose de gênant, pour un rapport si important», selon l'économiste en chef de la Banque CIBC, Avery Shenfeld, «mais il est mieux d'admettre l'erreur et de la corriger, ainsi que de mettre en place certains procédés pour éviter qu'elle ne se reproduise pas, que de l'avoir balayée sous le tapis quelque part.»

«En 15 ans de carrière comme analyste en économiste, je n'ai jamais vu une erreur de cette ampleur chez Statistique Canada», a commenté pour sa part Sébastien Lavoie, économiste en chef adjoint chez Valeurs mobilières Banque Laurentienne.

«Bien qu'elle ait été détectée et corrigée rapidement, cette erreur a tout de même mené à une révision des données de l'emploi beaucoup plus importante que ce que l'on pouvait s'attendre.»

La publication de données de l'emploi erronées par Statistique Canada a eu des conséquences pour les gens qui voulaient faire de nouvelles demandes d'assurance-emploi.

Devant l'ampleur du constat d'erreur, mardi, le ministre fédéral de l'Emploi, Jason Kenney, a fait suspendre l'analyse des demandes d'assurance-emploi pendant trois jours, jusqu'à hier, pour attendre les données corrigées de Statistique Canada.

Les données mensuelles sur l'emploi sont utilisées pour déterminer les taux de chômage régionaux, qui ont une incidence directe sur le nombre de semaines qu'une personne sans emploi doit avoir travaillé pour être admissible aux prestations d'assurance-emploi.

Chez Statistique Canada, on a attribué l'erreur à une mise à jour du système de traitement de l'enquête mensuelle sur la population active et l'emploi, un exercice qu'elle entreprend tous les dix ans.

Un des programmes n'a cependant pas été mis à jour dans l'opération menée le mois dernier - une erreur humaine, selon Statistique Canada -, ce qui a entraîné une exagération du nombre d'emplois à temps plein perdus en juillet.

Voulant se faire rassurant, le statisticien en chef, Wayne R. Smith, a annoncé hier la publication «d'ici deux semaines» d'un rapport d'examen sur la cause et la solution de l'erreur.

Sur les marchés

Entre-temps, même considérable, la correction des données de l'emploi en juillet a eu peu d'effet hier sur le cours du dollar canadien sur le marché des devises, aussi influencé par des chiffres plus favorables dans le secteur manufacturier et de l'immobilier résidentiel.

Une semaine auparavant, l'annonce de la création d'à peine 200  mplois en juillet -  éclarée erronée quatre jours plus tard - avait fait glisser le dollar canadien à son plus bas niveau depuis le début de mai.

- Avec Bloomberg et La Presse Canadienne




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