La détente momentanée sur les prix de l'essence et des vêtements aura suffi à faire reculer de 0,1% l'indice des prix à la consommation (IPC), de mai à juin. Le taux annuel d'inflation passe quant à lui de 1,4% à 1,0%, son creux probable de l'année.

Rudy Le Cours LA PRESSE

Statistique Canada a aussi indiqué que l'indice de référence (IPCX) de la Banque du Canada, qui exclut de l'IPC ses huit composantes les plus volatiles comme l'essence, le gaz naturel et les fruits et légumes ainsi que les effets des modifications des impôts indirects, a lui aussi reculé d'un dixième de point. Son rythme annuel se situe à 1,7%, contre 1,8% en mai.

Au Québec, l'IPC recule de 0,1% tandis que son rythme annuel n'est plus que de 0,4% alors qu'il atteint 1,6% en Ontario.

À l'échelle du pays, seuls les prix de l'habillement et des chaussures sont en baisse sur une base annuelle. Le logement et les soins personnels concourent le plus en revanche à l'ascension de l'IPC.

De juin à juin, les prix des biens sont quasi stables, les faibles pressions inflationnistes étant assurées par les services.

«Les prix des communications gonflent rapidement à hauteur de 4,8% à cause des factures de téléphone et des services postaux», note Diana Petramala, économiste chez Groupe financier Banque TD. De mai à juin, cette tendance était plus prononcée encore: les prix des biens ayant reculé de 0,6% alors que ceux des services ont progressé de 0,3%.

«La baisse de 4,9% des prix des vêtements en juin a joué un rôle primordial dans la réduction de l'IPC total, note Benoit P. Durocher, économiste senior chez Desjardins. Sans cette composante, l'IPC total aurait plutôt augmenté d'environ 0,1%.»

Moins de magasinage cet été

Cette diminution appréciable s'explique peut-être par le fait que les Canadiens ont boudé les magasins en tout genre en mai, provoquant une chute de plus de 2% des ventes au détail. Magasins et rayons et boutiques de mode ont, semble-t-il, choisi de devancer leurs soldes d'été.

L'IPC devrait rebondir dès juillet, sans que les pressions inflationnistes soient de nature à inquiéter pour autant. Les prix de l'essence sont repartis à la hausse.

En outre, l'entrée en vigueur, en Ontario et en Colombie-Britannique, de la nouvelle taxe de vente harmonisée (TVH) ajoutera 0,7 point de pourcentage à l'IPC, calcule la Banque du Canada.

Cet effet devrait s'estomper graduellement, dans la mesure où fabricants et grossistes refileront les effets bénéfiques de la TVH sur les prix de leurs intrants aux consommateurs.

Ces pressions à la hausse seront en partie contrebalancées par les faibles augmentations de salaire consenties dernièrement et par la force relative du dollar qui diminue les prix des marchandises importées.

Voilà pourquoi, malgré les fluctuations mensuelles parfois fortes de l'IPC, l'inflation tendancielle mesurée par l'IPCX reste conforme aux prévisions de la Banque du Canada. Selon elle, l'IPCX évoluera entre 1,7% et 2,0% d'ici la fin de 2012, à condition que prenne fin graduellement l'extraordinaire détente monétaire actuelle.

Après la hausse de 0,25% du taux cible de financement à un jour fixé mardi à 0,75%, d'autres hausses.