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Les travailleurs agricoles se mobilisent contre le projet de loi 8

Le Québec compte 250 travailleurs agricoles syndiqués sur... (Photo Patrick Sanfaçon, archives La Presse)

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Le Québec compte 250 travailleurs agricoles syndiqués sur un total de 50 000 dans le secteur, dont 17 % viennent de l'international, selon le syndicat des Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce.

Photo Patrick Sanfaçon, archives La Presse

Alors que débuteront en septembre les travaux d'une commission parlementaire chargée d'étudier des modifications au Code du travail concernant les travailleurs agricoles, ces derniers se mobilisent ces jours-ci afin de ne pas perdre le droit nouvellement acquis de se syndiquer.

Les Travailleurs et travailleuses unis de l'alimentation et du commerce (TUAC) se sont réunis samedi à Saint-Rémi, où ils ont entre autres discuté de la stratégie qu'ils déploieront contre le projet de loi 8 déposé en juin dernier par le ministre du Travail, Sam Hamad.

Ce projet de loi ne permettrait plus la syndicalisation pour ceux qui ne forment pas un groupe d'au moins trois employés «de façon continue et à l'année», a expliqué à La Presse la directrice générale des TUAC Canada pour le Québec, Anouk Collet.

«Avec ce projet de loi, ces travailleurs ne pourraient que former des associations, sans pour autant définir ce qu'est une association, et s'il peut y avoir plus d'une association par groupe d'employés. L'employeur aurait aussi l'obligation de s'asseoir avec les employés et de lire les représentations écrites soumises. Mais après, rien», a dit Mme Collet.

Si le projet de loi est adopté tel que présenté, plusieurs travailleurs agricoles perdront ainsi le pouvoir de se syndiquer, déplorent les TUAC, un droit acquis à l'arraché il y a quelques mois à peine.

Les dispositions reprises par le projet de loi 8 étaient autrefois contenues dans un article du Code du travail, invalidé par la Commission des relations du travail, une décision par la suite confirmée par la Cour supérieure, a expliqué Mme Collet.

L'hiver dernier, le gouvernement formé par le Parti québécois a finalement décidé de rendre l'article inopérant, une décision rapidement renversée par les libéraux lors de leur retour au pouvoir, quelques mois plus tard.

«À l'époque, cet article avait été placé dans le Code du travail pour éviter que les entreprises agricoles aient à négocier des ententes collectives avec des employés qui travaillent deux semaines par année. Cette réalité n'est plus du tout la même aujourd'hui.»

Anouk Collet, directrice générale des TUAC Canada pour le Québec

«On a aussi souvent invoqué que les entreprises agricoles étaient familiales et de petite taille, mais encore une fois, cet argument-là ne tient pas la route. Aujourd'hui, comme ailleurs, une concentration s'est produite», a-t-elle ajouté.

Les producteurs applaudissent le projet de loi

Le projet de loi du ministre Hamad est cependant applaudi par les regroupements d'entreprises agricoles. En juin dernier, l'Association des producteurs maraîchers du Québec (APMQ) déclarait que la loi 8 mettrait en place les conditions nécessaires pour une saine compétition et le développement des investissements.

«Nous sommes heureux que le gouvernement du Québec donne aux producteurs maraîchers québécois les mêmes mesures que ceux de l'Ontario et qui assure la continuité du modèle de protection des fermes québécoises. Cette décision consolidera une industrie de production qui a un impact de près de 1,2 milliard de dollars dans l'économie québécoise», avait alors déclaré le directeur général de l'APMQ, André Plante.

Mais pour la syndicaliste Anouk Collet, il est ironique que les employeurs puissent se regrouper alors que le même droit pourrait être enlevé aux travailleurs.

«Au final, il importe de rappeler que nous avons présentement 250 travailleurs syndiqués, mais qu'il y en a 50 000 dans le secteur agricole au Québec, dont 17 % viennent de l'international. Le projet de loi 8 vise ainsi des étrangers et des Québécois», a-t-elle affirmé.

Les travaux de la Commission de l'économie et du travail débuteront le 9 septembre prochain à l'Assemblée nationale.




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