(Washington) Le déficit commercial des États-Unis s’est fortement réduit en octobre grâce à un rebond exceptionnel des exportations et après un déficit record en septembre. Mais le variant Omicron pourrait perturber les flux commerciaux de la première économie du monde avec le reste du monde.

Mis à jour le 7 déc. 2021
Delphine TOUITOU Agence France-Presse

Le déficit des biens et services américain s’est élevé à 67,1 milliards de dollars, soit une baisse de 17,6 % par rapport au mois précédent.  

Les importations sont en augmentation de 0,9 %, à 290,7 milliards de dollars tandis que les exportations, qui avaient reculé en septembre, ont rebondi de 8,1 %, à 223,6 milliards.  

Les analystes tablaient sur un déficit encore plus faible (66,8 milliards). Pour autant, il s’agit de « la plus forte contraction du déficit sur un mois depuis novembre 2008 », a réagi Mahir Rusheed, économiste chez Oxford Economics dans une note.  

Et, il faut remonter au mois d’avril pour avoir un déficit inférieur.

Cumulé sur les dix premiers mois de l’année, le déficit se creuse néanmoins de 29,7 % comparé à la même période de 2020. L’an passé avait été marqué par une récession historique provoquée par la pandémie de COVID-19 qui avait paralysé les flux commerciaux dans le monde.

Pour le seul mois d’octobre, la première économie du monde a davantage exporté de produits industriels allant des biens d’équipements aux biens de consommation en passant par les voitures, les équipements automobiles et le pétrole brut. Le secteur agricole a aussi largement bénéficié du rebond des exportations avec une forte hausse de la demande de soja et de maïs.

Côté importations, les États-Unis ont été moins friands de matériaux industriels et de semi-conducteurs notamment. En septembre, les entreprises avaient fortement importé ces marchandises pour reconstituer leurs stocks à l’approche des fêtes de fin d’année.

Résultat, le déficit commercial s’est réduit de 10,14 % avec la Chine et de 11,4 % avec l’Union européenne. En revanche, il s’est accru de 9,5 % avec le Mexique.

« Dans l’ensemble, les flux commerciaux se sont remis des pertes liées à la pandémie, les exportations et les importations étant désormais supérieures aux niveaux d’avant la crise », a souligné Rubeela Farooqi, économiste en chef chez HFE.

Elle souligne toutefois l’incertitude liée à l’apparition d’un nouveau variant de la COVID-19.

Nouvelles restrictions

De nouvelles épidémies de virus et les restrictions qui en résultent pourraient être un vent contraire si elles pèsent sur la demande mondiale et aggravent encore les chaînes d’approvisionnement et les pénuries.

Près de deux semaines après l’annonce par l’Afrique du Sud de la découverte de ce nouveau variant, des cas ont été signalés dans une quarantaine de pays, dont ces derniers jours, pour l’Amérique latine, des cas importés au Brésil, au Mexique ou au Chili.

De nouvelles restrictions sanitaires ont été prises.  

Des foyers d’infection pourraient amener des usines à fermer réduisant ainsi la production et pénalisant le commerce international qui s’est heurté à la fin de l’été et au début de l’automne à de graves perturbations des chaînes logistiques liées à la reprise de la demande.

Pour l’heure, Oxford Economics table sur « une croissance des exportations (américaines) plus forte et une modération des volumes d’importation », ce qui maintiendrait le déficit stable l’année prochaine après avoir atteint plusieurs records en 2021.

« Cependant, le variant Omicron est un risque de baisse clé qui menace de fausser les flux commerciaux en ralentissant la reprise mondiale au début de 2022 », souligne Mahir Rusheed.

Le déficit commercial record enregistré en septembre a été révisé en hausse à 81,4 milliards contre 80,9 milliards initialement annoncé.