(Ottawa) Le profil d’endettement des Canadiens a changé tout au long de la pandémie, les hypothèques représentant maintenant une plus grande portion de la dette des consommateurs, a indiqué mardi Equifax.

La Presse Canadienne

La dette des consommateurs s’élevait à 2080 milliards au premier trimestre 2021, ce qui représente une hausse de 0,62 % par rapport au quatrième trimestre de 2020 et de 4,78 % par rapport au premier trimestre de l’an dernier, a précisé l’agence de surveillance du crédit.

Flambée d'emprunts hypothécaires

Selon Equifax, cette croissance était en grande partie attribuable aux hypothèques, le nombre de nouveaux prêts hypothécaires ayant augmenté de 41,2 % par rapport à la même période l’an dernier, au début de la pandémie.

Cependant, la vice-présidente adjointe des analyses avancées d’Equifax, Rebecca Oakes, a souligné que le taux de nouvelles hypothèques au plus récent trimestre avait diminué par rapport au dernier trimestre de 2020.

« Il existe une petite possibilité que les acheteurs de première maison commencent à être exclus du marché par les prix, en particulier dans certains des marchés très actifs comme la Colombie-Britannique et l’Ontario », a-t-elle noté.

Mme Oakes a ajouté que les plus fortes augmentations de la dette à la consommation étaient observées en Colombie-Britannique et en Ontario, un résultat direct des prix élevés des maisons dans ces provinces.

En outre, Equifax a rappelé que le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF) avait instauré au début juin un nouveau test de tension hypothécaire, dans lequel le taux appliqué pour les prêts non assurés correspond soit au taux hypothécaire majoré de deux points de pourcentage, soit à 5,25 %, selon le plus élevé des deux taux.

Cette nouvelle simulation de crise, a poursuivi l’agence, devrait réduire la capacité d’achat de plusieurs acheteurs et contribuer à réduire la surchauffe du secteur hypothécaire.

En excluant les prêts hypothécaires, l’endettement moyen des Canadiens s’est établi à 20 430 $ au premier trimestre, en baisse de 4,25 % par rapport à la même période l’an dernier, a souligné Equifax.

Les Québécois moins endettés que la moyenne

L’endettement moyen des Québécois était inférieur à la moyenne, à 17 566 $, et seule la moyenne des Manitobains était plus faible, à 16 896 $. L’endettement moyen au Nouveau-Brunswick a été mesuré à 22 297 $. Il était de 21 826 $ à l’Île-du-Prince-Édouard et de 20 992 $ en Nouvelle-Écosse.

Par ailleurs, Equifax a indiqué que la dette de cartes de crédit des consommateurs avait reculé à son plus faible niveau en six ans, la réduction des dépenses ayant conduit à des habitudes plus saines concernant les dépenses quotidiennes.

« Dans tous les groupes d’âge, nous commençons à voir les gens payer davantage qu’ils ne dépensent réellement sur leur carte de crédit, ce qui est un véritable changement de comportement positif en matière de consommation », a souligné Mme Oakes, qui a ajouté que les consommateurs avaient remboursé en moyenne 11 $ chaque tranche de 10 $ dépensés en janvier 2021.

Nous savons que cela est fortement attribuable à certains des confinements et par l’impossibilité, pour les consommateurs, de dépenser de la même manière qu’avant.

Rebecca Oakes, vice-présidente adjointe des analyses avancées d’Equifax

Pendant ce temps, d’autres éléments de crédit coûteux, comme les marges de crédit, ont contribué à la hausse générale de la dette canadienne.

Mme Oakes a noté une augmentation de 60 % des marges de crédit hypothécaires, qui sont garanties contre la valeur de la maison d’un emprunteur.

Problèmes si les taux augmentent

« Nous voyons des gens emprunter davantage sur des marges de crédit hypothécaire; ça commence à devenir un problème si les taux d’intérêt augmentent », car ces types de prêts sont souvent à taux d’intérêt variable, a précisé Mme Oakes.

Equifax a également noté une augmentation des locations de véhicules automobiles, par rapport au financement automobile, ce qui, selon Mme Oakes, pourrait être lié à la hausse des coûts des véhicules observée sur le marché américain.

Elle a ajouté que les défaillances se produisaient toujours à un rythme beaucoup plus lent qu’avant la pandémie, car les consommateurs continuaient de bénéficier du soutien financier du gouvernement pendant la crise sanitaire. Mme Oakes a cependant averti que les gens devaient se préparer à la disparition de ces soutiens pour assurer leur santé financière.