(Washington) Les ventes de maisons neuves individuelles aux États-Unis ont reculé plus qu’attendu en avril, et les prix ne cessent de grimper, atteignant des niveaux record et réservant désormais l’acquisition de biens immobiliers aux ménages les plus aisés.

Agence France-Presse

En avril, 863 000 maisons neuves ont été vendues en rythme annuel — c’est-à-dire les ventes pour l’ensemble de l’année si ce rythme se maintenait — ce qui représente une baisse de 5,9 % par rapport à mars, selon les données publiées mardi par le département du Commerce.

C’est beaucoup moins que les 980 000 ventes attendues par les analystes.

La hausse des ventes de maisons neuves en mars a par ailleurs été bien moins forte qu’initialement annoncé : 7,5 % au lieu de 20,7 %.

Cette baisse est due à plusieurs facteurs qui se cumulent, explique Ian Shepherdson, économiste pour Pantheon Macroeconomics.

D’une part, la demande qui avait été créée « par la COVID-19 pour des maisons en dehors des villes et/ou des maisons plus grandes dans les banlieues » commence à s’émousser. D’autre part, « les taux immobiliers plus élevés et un resserrement des normes de prêt » pèsent sur la demande.

Conséquence du nombre très important de chantiers mis en route, un plus grand nombre de maisons est désormais disponible pour les acheteurs, et représentait 4,4 mois de ventes.

Et le nombre d’Américains qui envisagent d’acheter une maison ou un appartement dans les six prochains mois a fortement diminué en mai, selon l’indice du Conference Board également publié mardi.

435 400 dollars en moyenne

Mais les prix, eux, continuent à augmenter, « ne montrent aucun signe de ralentissement et si vous parlez aux agents immobiliers, ils n’en anticipent pas avant un bon moment », relève l’économiste Joel Naroff dans une note.

En avril, il fallait compter en moyenne 435 400 dollars pour acquérir une maison neuve, du jamais vu, et 35 000 dollars de plus qu’en mars.

« Si les taux d’intérêt augmentent à mesure que l’inflation s’accélère, certains acheteurs, en particulier les acheteurs d’une première maison, pourraient être expulsés du marché », ajoute-t-il.

Car l’immobilier subit également les effets de la hausse des prix qui touche de très nombreux secteurs, alors que les difficultés mondiales d’approvisionnement font bondir le prix de nombreux matériaux de construction et notamment du bois.

Certains économistes craignent que l’inflation aux États-Unis ne soit pas qu’un phénomène temporaire.  

À l’inverse, le Fonds monétaire international (FMI), comme la Banque centrale américaine (Fed), pense que les prix vont continuer à grimper pendant plusieurs mois avant de se stabiliser.

« Au FMI, nous sommes dans le camp de ceux qui pensent que ce sont des facteurs transitoires », a souligné sa directrice générale Kristalina Georgieva mardi matin lors d’une conversation avec le Washington Post.

« Les taux de croissance élevés aux États-Unis sont un bien public mondial. Ils ont des retombées positives, en particulier sur les économies qui sont les plus imbriquées avec les États-Unis. »

Elle s’est même dite convaincue que « les mesures prises pour stimuler l’économie américaine » vont se traduire « par de bonnes nouvelles pour les autres pays en raison des retombées de la demande de l’économie américaine ».