(Ottawa) La ministre des Finances Chrystia Freeland affirme que les mesures de restriction que plusieurs provinces ont été contraintes d’adopter au cours des dernières semaines afin de freiner la propagation de la COVID-19 risquent de faire bondir à nouveau le déficit fédéral.

Joël-Denis Bellavance Joël-Denis Bellavance
La Presse

Déjà estimé à la somme record de 383 milliards de dollars pour l’exercice financier en cours, le déficit sera probablement plus élevé, a reconnu la ministre Freeland alors qu’elle annonçait lundi le début des consultations prébudgétaires en prévision du dépôt de son premier budget, attendu au printemps.

Mme Freeland a rappelé qu’elle avait prévu, dans sa mise à jour économique de novembre dernier, des scénarios économiques qui porteraient le boulet financier à environ 400 milliards de dollars si la deuxième vague de la pandémie forçait les gouvernements des diverses provinces à imposer des mesures de confinement plus sévères.

Or, le Québec et l’Ontario, entre autres provinces, ont dû se résoudre à imposer des mesures plus restrictives afin d’aplatir la courbe de propagation du virus. Au Québec, le gouvernement Legault est allé jusqu’à imposer un couvre-feu de quatre semaines entre 20 h et 5 h sur l’ensemble du territoire de la province. Ce couvre-feu doit prendre fin le 8 février.

« Nous avions inclus des scénarios dans la mise à jour économique. Nous avons bien fait de le faire, car nous savions à l’époque que la variable économique la plus importante est le coronavirus et nous reconnaissions que les choses pouvaient s’aggraver davantage », a affirmé la ministre en conférence de presse.

Sans dévoiler de nouvelles projections, Mme Freeland a indiqué que son ministère suivait de près l’évolution de l’impact économique des nouvelles restrictions à travers le pays. « Mais je dois dire que le gouvernement fédéral appuie sans réserve les mesures additionnelles adoptées par les provinces. C’est aussi pour cette raison que nous avons décidé de maintenir la subvention salariale à 75 % des salaires des employés des entreprises qui la reçoivent », a avancé Mme Freeland.

À l’instar du premier ministre Justin Trudeau, Mme Freeland a fait valoir que la lutte contre la pandémie est la priorité absolue du gouvernement fédéral et qu’Ottawa « fera tout ce qui est nécessaire pendant le temps qu’il faudra » pour soutenir les familles, les travailleurs et les entreprises durant la crise.

« Vaincre la COVID-19 demeure notre priorité absolue. Ce virus agressif est toujours présent et il continue de causer des dommages importants », a déclaré Mme Freeland.

Elle a indiqué que le budget qu’elle présentera – le premier du gouvernement Trudeau en près de deux ans – mettra l’accent sur la reprise économique, l’aide à la classe moyenne, et ciblera les secteurs qui ont été les plus durement touchés durant la pandémie, sans toutefois donner plus de détails.

Elle a rappelé que le gouvernement Trudeau compte dévoiler dans le prochain budget un plan de relance évalué entre 70 milliards et 100 milliards de dollars sur trois ans.

« Quand nous pourrons rebâtir notre économie, nous mettrons en œuvre des mesures de relance ciblée lorsque notre économie nationale sera en mesure de les absorber. Ces mesures permettront de stimuler une nouvelle croissance. Le choix du moment sera très important. C’est pourquoi nous travaillons déjà à déterminer les investissements que nous devrons effectuer », a-t-elle indiqué, rappelant au passage la promesse du gouvernement Trudeau formulée dans le discours du Trône de créer 1 million d’emplois.