La deuxième vague du coronavirus « porte un coup très dur à l’économie canadienne », dit le gouverneur de la Banque du Canada, qui prévoit que le produit intérieur brut plongera de 2,5 % au premier trimestre de 2021. Mais un rebond plus fort que prévu devrait marquer la deuxième moitié de l’année, prévoit la banque centrale.

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

« Nous pouvons nous attendre à un fort rebond de l’économie à partir de la deuxième moitié de l’année » à cause des vaccins, a dit Tiff Macklem mercredi en conférence de presse après avoir annoncé le maintien du taux directeur à 0,25 %.

Le gouverneur de la banque centrale s’est présenté seul mercredi pour présenter le premier Rapport sur la politique monétaire de 2021, parce que la première sous-gouverneure Caroline Wilkins, habituellement à ses côtés, a quitté la banque le 9 décembre. Son poste est toujours vacant.

Les perspectives se sont améliorées depuis la publication du précédent Rapport sur la politique monétaire, en octobre, a souligné le gouverneur, parce que des vaccins efficaces sont arrivés et ont commencé à être distribués. « Les vaccins vont sauver des vies et des emplois », a-t-il dit.

Depuis le début de l’année, toutefois, les choses vont dans la mauvaise direction, constate la banque centrale. La deuxième vague d’infections au coronavirus a forcé l’imposition de restrictions plus sévères et l’élan amorcé au printemps a été stoppé.

L’emploi a reculé en décembre pour la première fois depuis avril et les dépenses de consommation ont baissé. « Nous avons des raisons évidentes d’être plus optimistes qu’en octobre, mais nous n’en sommes pas encore là », a reconnu Tiff Macklem, qui souligne que la Banque du Canada prévoit maintenant une contraction de l’économie d’au moins 2,5 % pour les mois de janvier, février et mars.

Comme il est possible que l’ampleur et la durée des mesures visant à contrer le virus soient encore élargies, le recul au premier trimestre pourrait être plus important.

Tiff Macklem, gouverneur de la Banque du Canada

Pour l’ensemble de l’année 2021, la croissance du PIB devrait s’établir à 4 %, prévoit la banque centrale, et à 5 % en 2022.

Pas de microréduction des taux

Le gouverneur de la Banque du Canada a fait savoir que les interventions exceptionnelles mises en œuvre par la banque centrale pour soutenir l’économie étaient maintenues. Les achats d’obligations du gouvernement fédéral se poursuivront au rythme d’au moins 4 milliards par semaine, et ce, tant et aussi longtemps que la reprise ne sera pas bien engagée.

Si la situation devait se détériorer davantage, la banque pourrait utiliser d’autres outils, a indiqué Tiff Macklem. Une microréduction du taux directeur, soit une baisse du taux actuel de 0,25 % d’encore quelques points de base sans aller jusqu’à un taux négatif, fait partie de ces options, a-t-il dit.

Le gouverneur a toutefois laissé entendre qu’une nouvelle réduction du taux directeur n’était pas nécessaire actuellement parce que les marchés financiers fonctionnent normalement.

L’économiste Benoit Durocher, de Desjardins, croit que le gouverneur a ainsi fermé la porte à une nouvelle réduction des taux. « Avant de modifier ses taux d’intérêt directeurs, la Banque du Canada ajustera le rythme de ses achats nets d’obligations en fonction de l’évolution des conditions économiques », estime-t-il.

La Banque centrale prévoit que l’économie canadienne ne récupérera pas le terrain perdu en raison de la pandémie avant 2023 et que son taux directeur restera au bas niveau actuel d’ici là.

Le taux d’inflation devrait remonter en début d’année pour atteindre 2 %, mais cette poussée sera temporaire en raison de la faiblesse persistante de l’économie.

Statistique Canada a annoncé mercredi que l’Indice des prix à la consommation a reculé de 0,2 % en décembre. Pour l’ensemble de l’année 2020, le taux d’inflation s’établit à 0,7 %.