(Wilmington) Le président désigné Joe Biden a annoncé vendredi qu’il poserait dès la semaine prochaine « les bases du prochain paquet d’aide économique », soulignant la nécessité d’agir vite alors que 140 000 emplois ont été perdus en décembre.

Agence France-Presse

Le démocrate, qui présentait les derniers membres clés de son équipe économique depuis son fief de Wilmington dans le Delaware, a souligné l’urgence de la situation après la publication vendredi d’un rapport sur l’emploi pire que prévu avec des destructions d’emplois pour la première fois depuis le mois d’avril.

« Il est nécessaire de dépenser de l’argent maintenant », a-t-il souligné, évoquant un plan qui se comptera en « milliers de milliards de dollars ».

« Je serai là [à Wilmington], jeudi prochain, pour exposer en détail ce plan », a-t-il également précisé.

La priorité sera d’accélérer la vaccination, a-t-il insisté lors d’une conférence de presse.

Par ailleurs, « des dizaines de milliards de dollars » sont nécessaires pour permettre aux autorités locales et nationales de maintenir l’emploi des éducateurs, des policiers, des pompiers et des agents de santé publique.

Il a répété que le paquet d’aides adopté fin décembre, d’un montant de 900 milliards de dollars, n’était qu’un acompte.

« Nous avons besoin de plus d’une aide directe en faveur des familles et des petites entreprises », a-t-il relevé.

Six cents dollars, le montant des chèques envoyés à de nombreux Américains, « ce n’est tout simplement pas suffisant lorsque vous devez choisir entre payer un loyer ou mettre de la nourriture sur la table et garder les lumières allumées », a-t-il commenté.

Cette somme avait été critiquée par Donald Trump lui-même qui réclamait 2000 dollars et avait failli faire capoter l’adoption du plan.

Joe Biden a aussi l’espoir de pouvoir acter rapidement l’augmentation du salaire minimum à 15 dollars de l’heure.  

« Je dis depuis longtemps que nous devons récompenser le travail et non la richesse dans ce pays », a-t-il commenté.

Le président a par ailleurs souligné que son administration veille à ce que l’argent octroyé aille aux plus petites entreprises qui sont les plus fragilisées par la crise provoquée par la pandémie.

Après l’adoption du plan gigantesque de 2200 milliards de dollars, l’administration Trump avait été vertement critiquée pour avoir accordé des prêts à de grandes entreprises.

Les derniers membres de son équipe que Joe Biden a présentés vendredi seront amenés à jouer un rôle clé dans la mise en œuvre de son programme économique.

Il a nommé la gouverneure du Rhode Island, Gina Raimondo, au poste de secrétaire au Commerce, le maire de Boston, Martin Walsh, premier dirigeant syndical, à la tête du département du Travail, et l’ancienne responsable de l’administration Obama, Isabel Guzman, à la tête de la Small Business Administration.

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Gina Raimondo a été nommée secrétaire au Commerce dans le cabinet Biden.

Si elle était confirmée par le Sénat, Mme Raimondo aura un rôle déterminant pour restaurer les relations commerciales avec les principaux partenaires des États-Unis.

L’ère Trump aura été marquée par la guerre commerciale avec la Chine, deuxième puissance économique du monde ainsi que de profonds conflits avec l’Union européenne notamment sur la fiscalité des géants des technologies.