(Québec) Québec veut accélérer la construction de maisons des aînés, la rénovation d’écoles et les investissements en transports en commun pour donner un peu d’air à une économie malmenée par la pandémie.

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

Le gouvernement met encore une fois la main à sa poche : ce sont 2,9 milliards que Québec va injecter en plus cette année dans les infrastructures. Ces milliards viennent s’ajouter aux 11 qui étaient déjà prévus dans le Programme québécois des infrastructures. Il s’agit en fait d’investissements devancés.

« Ce qu’on fait un peu, c’est que la demande publique vient remplacer la demande privée qui est affectée par les conditions économiques », a indiqué jeudi le ministre des Finances, Eric Girard.

Depuis le début de la crise, l’État québécois a allongé 23 milliards, soit 5 % du PIB.

Ces sommes vont surtout servir aux écoles, leur agrandissement et leur rénovation (1,1 milliard). Les 30 maisons des aînés promises, avec leurs 2600 places, seront construites plus vite que prévu, assure Québec.

Les projets de transport collectif seront aussi priorisés (600 millions). Québec est en discussions avec les différentes sociétés de transport en commun, dont celle de Montréal, pour déterminer où ces investissements pourraient être faits cette année.

Ces milliards injectés dans l’économie vont-ils ramener à terme le Québec à l’ère de l’austérité budgétaire ? Le ministre Girard assure que non, et cite des prévisions économiques très optimistes pour le prouver.

« Autour de la fin 2021, on devrait avoir revu le niveau de PIB que nous avions en décembre 2019. Et à partir de là, bien, on aura une croissance des revenus de l’ordre du PIB nominal, par exemple, 4 %, une croissance des dépenses alignée de 3 %, 4 % », dit-il.

« J’aimerais rappeler que notre position de départ était enviable. On avait quand même prévu un surplus budgétaire de l’ordre de 1,7 milliard, à ça s’ajoutait 2,7 milliards de contribution au Fonds des générations, a ajouté M. Girard. Donc, on partait avec un surplus de plus de quatre milliards de dollars. »

Pour octroyer plus rapidement ces nombreux contrats, Québec mise sur « l’agilité gouvernementale ». Il s’agit d’une manière de dire que les appels d’offres seront accélérés.

Espoir pour les vacances de la construction

Une question demeure toutefois : qu’arrivera-t-il aux vacances de la construction, prévues du 19 juillet au 1er août ?

Car si Québec fait de l’investissement en infrastructure la pierre angulaire de la relance, il faut que les entreprises puissent accomplir le travail. La fermeture des chantiers a plutôt entraîné plusieurs retards.

Le ministre du Travail, Jean Boulet, avait mentionné fin mars la possibilité d’annuler les vacances de la construction. Le Conseil du patronat du Québec demande que ces vacances soient étalées cette année, plutôt que concentrées en deux semaines. Les syndicats ont déjà réaffirmé que leurs membres tenaient à ces vacances.

L’annulation pure et simple, « ce n’est pas, en ce moment, dans les cartons », a indiqué jeudi le président du Conseil du trésor, Christian Dubé.

« Puis je pense que Jean Boulet va revenir au cours des prochaines semaines pour voir s’il y aurait lieu d’intervenir ou de voir s’il y a une conciliation », a-t-il ajouté.