Les économistes des institutions financières ont commencé à publier leurs prévisions pour l’année 2020. Constat : les boules de cristal sont passablement embrouillées, et pour cause. Ça va d’un recul de 1 % du produit intérieur brut réel au Canada en 2020, pour BMO, a un dégonflement de 4,2 % pour la TD.

André Dubuc André Dubuc
La Presse

Entre les deux, la Scotia prévoit un recul de l’économie jusqu’à la fin septembre. Avant un début de reprise, plutôt timide, au quatrième trimestre. Pour l’ensemble de 2020, la Scotia s’attend à une décroissance de 2,2 % du PIB réel canadien (après avoir isolé l'effet de l'inflation).

Le Québec devrait s’en tirer mieux que le pays en général, étant moins affecté par l’écrasement du prix du baril du pétrole. La CIBC prévoit une stabilisation de l’économie québécoise en 2020, tandis que TD (-3,7 %) et Aviseo (-3,9 %) sont plus pessimistes.

Ces prévisions ont été publiées entre le 20 et 27 mars. Les plus pessimistes sont ceux qui ont publié dans les derniers jours.

Le directeur parlementaire du budget à Ottawa a publié ses estimations le vendredi 27 mars. Il estime que la crise entraînera une décroissance du PIB réel de 5,1 % au Canada en 2020.

Jusqu’à 3,5 % des emplois vont disparaître à Montréal en 2020

Les chiffres proviennent d’un document publié mercredi par la Communauté métropolitaine de Montréal portant sur l’impact de la pandémie sur l’emploi du Grand Montréal.

« La COVID-19 devrait susciter une contraction prononcée, mais temporaire de l’économie du Grand Montréal au deuxième trimestre. La distanciation sociale requise pour éviter l’infection et réduire la mortalité freinera l’activité économique en immobilisant surtout les secteurs où le contact personnel est le plus prononcé : commerce de détail, services personnels, transport de passagers (aérien et en commun surtout), écrit la CMM dans un communiqué.

« Une part des activités perdues seront reportées aux trimestres suivants, précise-t-elle. Cependant, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et des récessions parmi nos principaux partenaires commerciaux affaibliront les exportations, l’investissement et le tourisme à moyen terme. »

La CMM anticipe une baisse de 4,8 % de l’emploi dans le Grand Montréal au deuxième trimestre 2020, selon son scénario de base. Un rebond de l’emploi au second semestre viendrait compenser en partie les pertes. La baisse annuelle atteindrait seulement 0,8 %.

Un scénario plus pessimiste dépeint une chute de l’emploi de 3,5 % en 2020. La croissance attendrait en 2021.