(New York) Les prix du pétrole ont baissé mercredi après un rapport montrant une explosion des stocks américains de pétrole brut dans un marché déjà plombé par une offre pléthorique et une demande en chute libre.

Agence France-Presse

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin, dont c’est le premier jour d’utilisation comme contrat de référence, s’est établi à 24,74 dollars à Londres, chutant de 6,1 %, ou 1,61 dollar, par rapport à la clôture de mardi.

À New York, le baril américain de WTI pour mai a perdu 0,8 %, ou 17 cents,  à 20,31 dollars.

Le rapport hebdomadaire de l’Agence américaine d’information sur l’Énergie (EIA) a montré une explosion de 13,8 millions de barils des stocks de brut aux États-Unis, bien au-delà des prévisions des analystes.

Les réserves d’essence ont aussi fortement augmenté.

Ces données reflètent les répercussions de la pandémie de COVID-19, le coup d’arrêt au transport mondial et les mesures de confinement ayant fait s’effondrer la demande en pétrole aux États-Unis, premier consommateur de brut sur la planète.

« La préoccupation va bientôt être de savoir si les États-Unis ont suffisamment d’espace de stockage », a prévenu John Kilduff, d’Again Capital, qui anticipe de nouvelles augmentations dans les prochaines semaines.

Cette question se pose avec d’autant plus d’acuité que la production américaine reste à un niveau très élevé, les États-Unis extrayant en moyenne 13,0 millions de barils par jour (mbj).

« Si ça continue à ce rythme, on va bientôt devoir se mettre à utiliser des pétroliers, des trains ou des stockages flottants », explique Robert Yawger, de Mizuho.  

« L’administration Trump a aussi dit vouloir rendre disponible les réserves stratégiques de pétrole », ajoute-t-il.

Le président américain a en effet annoncé mi-mars souhaiter porter à leur maximum ces réserves, dont la capacité totale de stockage est de 727 millions de barils (contre 635 millions utilisés actuellement).

« Mais si cette situation se poursuit, il faudra trouver de nouveaux sites souterrains », anticipe M. Yawger.

Les cours de l’or noir sont, par ailleurs, asphyxiés, au niveau mondial, par une offre surabondante, la Russie et l’Arabie saoudite ayant décidé d’inonder le marché de leurs barils après avoir échoué à s’accorder sur des quotas de production lors d’un sommet entre l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et ses alliés à Vienne le mois dernier.

Donald Trump s’est dit une nouvelle fois mardi prêt à intervenir dans la guerre des prix que se livrent Moscou et Riyad.

« Les efforts de Trump pour flatter Poutine offrent peut-être un espoir de sortir de la guerre de l’offre, mais ils ne feront rien pour stimuler la demande, qui pourrait chuter d’environ 20 % au cours des prochaines semaines », a expliqué Neil Wilson, de Markets.com.

Une rencontre est également prévue à Washington vendredi entre les patrons de majors pétrolières américaines et le locataire de la Maison-Blanche, d’après une source proche du dossier