(New York) Les prix du pétrole ont poursuivi leur hausse mardi, tirés par les craintes des dégâts que pourrait causer l’ouragan Delta sur la production de brut dans le Golfe du Mexique.

Agence France-Presse

Les espoirs de parvenir à un plan d’aide à l’économie américaine, qui avaient également fait grimper les cours jusqu’à la clôture, ont été brusquement douchés par le président Donald Trump mardi.

Celui-ci a décrété la fin des négociations avec les démocrates, rompant l’élan des cours de l’or noir dans les échanges après la clôture.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre avait auparavant terminé la séance à 42,65 dollars, en hausse de 1,36 dollar (+3,29 %) par rapport à la clôture de lundi.

À New York, le baril américain de WTI pour novembre avait fini en hausse de 1,45 dollar (+3,29 %) à 40,67 dollars contre 39,22 dollars la veille.

Outre l’ouragan et les attentes – ensuite déçues – d’un stimulus américain, les prix ont été soutenus également par la poursuite du conflit social en Norvège, à la compagnie pétrolière Equinor.

« À cela il faut ajouter le conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan » au Nagorny Karabakh, région stratégique pour le transport de pétrole, « qui s’approche des pipelines d’exportation de pétrole brut », a souligné Andy Lipow de Lipow Oil Associates.

Avant que le président américain ne sonne la fin des négociations sur un plan d’aide, le patron de la Banque centrale américaine (Fed), Jerome Powell, avait plaidé vigoureusement mardi pour le déblocage de nouvelles aides, sans lesquelles la première économie mondiale s’exposerait à des conséquences « tragiques ».

En vain. Dans un tweet, Donald Trump a annoncé avoir demandé à ses représentants « d’arrêter de négocier jusqu’à après les élections ».  

Ce coup de tonnerre a fait chuter Wall Street et ralenti la hausse des cours de l’or noir dans les échanges après la fin de séance.

L’ouragan Delta, qui s’est renforcé en catégorie 4 sur une échelle de 5, devrait aborder la péninsule du Yucatan au Mexique mercredi puis remonter vers le nord au-dessus du Golfe du Mexique jeudi.

« On voit déjà les grands producteurs évacuer leurs plateformes dans le Golfe du Mexique et l’ouragan va se diriger la Louisiane encore une fois », là où est implanté l’essentiel de la production off-shore du Golfe du Mexique, a indiqué Andy Lipow.

La grève en cours en Norvège soutenait également les prix du brut, avec pour effet de « compenser le retour de la production en Libye presque au baril près », a calculé Tamas Varga, de PVM.

La compagnie pétrolière norvégienne Equinor a annoncé lundi la fermeture de quatre gisements pétroliers en Norvège, en raison du durcissement d’un conflit social. Deux autres plateformes exploitées par Neptune Energy et Wintershall Dea sont concernées par le conflit social.