(Ottawa) Alors qu’une deuxième vague de COVID-19 frappe le pays, le gouvernement Trudeau lance une nouvelle bouée aux petites et moyennes entreprises en difficulté en promettant une aide financière supplémentaire de 600 millions de dollars.

Joël-Denis Bellavance Joël-Denis Bellavance
La Presse

Le premier ministre, Justin Trudeau, a confirmé vendredi que cette somme s’ajouterait au Fonds d’aide et de relance régionale, qui disposait déjà d’une enveloppe de 962 millions de dollars.

L’aide supplémentaire permettra d’appuyer les efforts du Réseau de développement des collectivités ainsi que les cinq agences de développement régional, soit l’Agence de promotion économique du Canada atlantique, Développement économique Canada pour les régions du Québec, FedDev Ontario, FedNor et Diversification de l’économie de l’Ouest Canada. La ministre du Développement économique, des Langues officielles et du Tourisme, Mélanie Joly, est responsable de ces agences.

Au Québec, cela se traduira par un coup de pouce financier de 70 millions de plus. De cette somme, 23,3 millions de dollars serviront à soutenir les entreprises et les organisations situées dans les régions de la province.

« Nous mettrons tout en œuvre pour soutenir les Canadiens durant cette crise, aussi longtemps qu’elle durera », a promis le premier ministre, rappelant que son gouvernement a aussi prolongé la subvention salariale pour les entreprises jusqu’en juin 2021.

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Mélanie Joly, ministre du Développement économique, des Langues officielles et du Tourisme

Selon la ministre Mélanie Joly, le Fonds d’aide et de relance régionale a déjà permis de soutenir 12 000 entreprises au pays et de sauvegarder 95 000 emplois, dont 15 000 emplois uniquement au Québec. Sans aide gouvernementale supplémentaire, des entreprises pourraient être acculées à la faillite.

« La deuxième vague aura une conséquence importante sur les entreprises et les emplois […] On a été là depuis le début de la pandémie et on va continuer de l’être », a déclaré Mélanie Joly, qui dit avoir entendu « clairement » le message des entreprises et des travailleurs voulant qu’un soutien additionnel soit crucial.

Une deuxième vague pourrait être fatale

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) souligne qu’une deuxième vague qui forcerait les gouvernements à fermer de grands pans de l’économie pourrait être fatale pour bien des entreprises.

Selon ses estimations, près de 14 % des petites et moyennes entreprises pourraient fermer leurs portes de manière définitive au pays dans la foulée de la crise économique provoquée par la pandémie de COVID-19. Cela représente près de 160 000 entreprises à l’échelle du pays, qui œuvrent en grande majorité dans les secteurs du tourisme, de l’hôtellerie et de la restauration.

La Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) a salué la décision du gouvernement Trudeau de bonifier l’aide aux PME.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain

Les petites et moyennes entreprises sont en situation d’extrême précarité depuis le début de la crise, et les mois à venir seront tout aussi incertains.

Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain

Selon M. Leblanc, l’injection de 70 millions de dollars supplémentaires pour les entreprises québécoises qui ont un grand besoin de liquidités devrait leur permettre de maintenir leurs activités, en particulier celles qui n’ont pas accès à tous les autres programmes d’aide du gouvernement fédéral comme le programme de subvention salariale.

Le président de la Chambre de commerce du Canada, Perrin Beatty, s’est aussi dit encouragé par l’annonce alors qu’on ne connaît pas l’ampleur que prendra la deuxième vague et si l’on devra à nouveau restreindre les activités économiques pour freiner la propagation du nouveau coronavirus.

« Alors que nous devons reconnaître que la COVID-19 sera avec nous pour plus longtemps qu’on ne l’avait anticipé, les programmes d’aide aux entreprises doivent aussi évoluer. Et ce qui est crucial dans cette évolution, c’est l’octroi rapide d’une aide aux secteurs qui sont les plus durement affectés », a-t-il dit.