Les futurs acheteurs de maison, qui peinent à dénicher la perle rare en raison du faible nombre d’inscriptions, pourraient avoir plus de choix d’ici la fin de l’année. La fin des reports de paiements hypothécaires et de plusieurs programmes d’aide visant à soutenir les ménages pendant la crise incitera certains propriétaires, plus serrés financièrement, à mettre une pancarte à vendre devant la porte, selon l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ).

Nathaëlle Morissette Nathaëlle Morissette
La Presse

« Avec le retour de propriétés sur le marché, les conditions vont être moins favorables aux vendeurs, mais il faudrait quand même qu’il y ait beaucoup d’inventaire pour déséquilibrer le marché à la faveur des acheteurs, affirme Charles Brant, directeur du service de l’analyse du marché à l’APCIQ. Donc, on pense que les prix dans certains marchés vont baisser, comme c’est le cas au centre-ville. On voit déjà qu’il y a de très fortes hausses d’inventaire de copropriétés dans le centre-ville. Dans d’autres marchés, dans des localisations qui sont recherchées, on ne pense pas qu’il va y avoir des baisses de prix, mais peut-être un ralentissement de la hausse des prix parce qu’elle n’est pas soutenable en ce moment. »

M. Brant a été interrogé par La Presse à la suite de la publication, lundi, d’un rapport de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) dans lequel on faisait état d’une augmentation de 11,8 % des prix des maisons à Montréal par rapport à la même période l’an dernier, sa plus forte croissance en 15 ans.

« Il y a un manque d’inventaire criant, notamment pour certaines gammes de prix. Les gammes de prix pour les ménages moyens sont en forte hausse », souligne M. Brant.

« Depuis quelques trimestres, on remarque que les prix sont plus élevés que le trimestre précédent, affirme pour sa part Lukas Jasmin-Tucci, analyste principal à la SCHL. Est-ce que ça veut dire que ça va continuer dans les prochains mois ? Pas nécessairement. »

Martin Desfossés, coach en immobilier chez DuProprio, ne partage pas l’avis de Charles Brant et ajoute qu'en ce moment, « ce n’est pas un marché très confortable pour les gens qui font des demandes d’acquisition ».

Il souligne toutefois que du côté de DuProprio, les propriétés vendues en juin et en juillet ont augmenté de 48 % par rapport à la même période l’an dernier.

« Je ne vois pas à court terme le jour où on va avoir un inventaire à la hausse, indique-t-il. Et je ne pense pas que les prix vont diminuer beaucoup. »