(Ottawa) La stratégie nationale du logement aura besoin de nouveaux outils pour passer plus rapidement des idées à la réalisation complète des projets pendant la pandémie de COVID-19, soutient le président de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), Evan Siddall.

Jordan Press
La Presse Canadienne

L’agence est l’un des principaux acteurs de la stratégie nationale du logement, qui doit s’étendre sur dix ans. Elle nécessitera des dépenses de plusieurs dizaines de milliards de dollars, tant du fédéral que des provinces.

La stratégie a fait l’objet de critiques pour la lenteur des délais d’exécution de certains éléments du programme. Les petits propriétaires, notamment, se sont plaints de la paperasserie à remplir pour y avoir droit.

Selon M. Siddall, ces délais sont en partie inévitables, car prêter de l’argent du fédéral nécessite de la rigueur.

Le gouvernement fédéral exige que la SCHL évalue un projet sur des facteurs comme son caractère abordable, l’impact sur les émissions de gaz à effet de serre et l’accessibilité, mentionne M. Siddall. De plus, il est nécessaire de consulter les provinces et les territoires.

Il souligne que l’agence a déjà réduit d’un tiers les délais de réalisation d’un projet. M. Siddall croit que l’arrivée de nouveaux outils permettrait de réduire davantage cette période d’attende à une époque où le gouvernement cherche à accroître l’offre de logements abordables.

« Nous nous attaquons à ces grands problèmes pour en réduire les effets encore et encore. Ce faisant, nous ralentissons réellement le processus. On doit donc trouver des moyens pour l’accélérer », convient M. Siddall.

Une aide supplémentaire du secteur privé est également nécessaire, ajoute-t-il.

« Nous n’avons pas assez d’argent pour faire face à tout cela », souligne le président de la SCHL.

Et il y a un autre élément qui est plus difficile à définir.

« Soyez simplement plus innovant, plus ambitieux, plus expérimental. Regardez différentes idées », a-t-il déclaré.

Un exemple : l’agence cherche des programmes informatiques pour aider à mettre en relation des personnes qui n’ont pas de logement convenable avec des propriétaires qui ont de l’espace disponible.

D’autres idées pourraient surgir du discours du Trône qui sera prononcé mercredi. Le gouvernement fédéral compte vraisemblablement aborder la question du logement social.

Une autre possibilité serait de mettre en place un programme permettant aux villes et aux fournisseurs de logements sociaux d’acheter des immeubles comme des hôtels ou des motels à des propriétaires mis en difficulté par la pandémie de COVID-19.

Pendant ce temps, la pandémie a fait de l’accessibilité à un logement abordable un enjeu encore plus important.

Selon la SCHL, environ 1 milliard de dollars en versements hypothécaires ont été reportés chaque mois pendant la pandémie, et moins de gens feront leurs paiements cette année qu’en 2019.

L’agence fédérale s’efforce de faire en sorte que tout le monde au Canada ait un logement abordable et qui réponde à ses besoins d’ici 2030.

« Il s’agit de s’assurer que les gens comprennent que l’accessibilité à un logement abordable devrait être ce qui nous importe tous. C’est bon pour notre pays. C’est bon pour une économie », dit M. Siddall.

Il a balayé les critiques selon lesquelles la SCHL a un parti pris contre l’accession à la propriété. Il reconnaît toutefois qu’il doit y avoir une limite à jusqu’où l’agence peut aller pour aider les gens à entrer sur le marché immobilier.

« Les gens qui veulent assouplir les normes de crédit et augmenter l’endettement pour acheter des maisons ne font que remplir leurs poches parce qu’ils n’aident pas ceux qu’ils prétendent aider, souligne-t-il. En fait, ils rendent les maisons plus chères. C’est vraiment une simple question économique. »