(Paris) Les compagnies aériennes européennes ainsi que l’Association internationale du transport aérien (IATA) ont exigé mardi une meilleure coordination entre États pour mettre fin aux restrictions « chaotiques » aux frontières, proposant des tests systématiques dans les aéroports de départ, alors que le trafic reste très faible.

Agence France-Presse

L’association Airlines for Europe (A4E), qui regroupe les principales compagnies européennes, a réclamé, au cours d’une conférence de presse par vidéo, la mise en œuvre de « tests rapides et fiables » de la COVID-19 au départ pour éviter une mise en quarantaine « qui devrait être une mesure de dernier recours » à l’arrivée.  

Elle met en cause « des restrictions chaotiques aux frontières » et « la confusion régnant autour des mesures de quarantaines, de formulaires passagers qui sont variables et des exigences de tests » selon les pays, dans la faible reprise cet été.  

« Un programme de tests standardisé est nécessaire d’urgence si nous voulons retrouver la confiance des passagers », a commenté Thomas Reynaert, le directeur de l’organisation.

De son côté, Alexandre de Juniac, directeur général de l’Association internationale du transport aérien (IATA), a « demandé aux gouvernements de lever les restrictions aux frontières », au micro d’Europe 1.  

« On a mis en place toute une procédure pour faire redémarrer le trafic aérien, mais les gouvernements ont maintenu - d’ailleurs dans un relatif désordre - des mesures de restriction, principalement des mesures de quarantaine ; il faut comprendre que c’est une dissuasion totale à toute forme de voyage », a-t-il déploré.

« Nous disons aux gouvernements : nous comprenons que vous ayez le souci de protéger la population, et notamment contre la réimportation du virus. Ce que nous vous proposons, et nous sommes en train d’en discuter dans le cadre de l’organisation de l’aviation civile internationale, avec la contribution des autorités sanitaires, c’est de mettre en place une procédure de tests des passagers, qu’ils soient systématiquement testés à l’aéroport de départ, pour que le pays d’arrivée sache qu’il y a un risque absolument minimal que les passagers qui arrivent chez lui soient infectés par le virus », a précisé M. de Juniac.

Si le trafic s’est légèrement amélioré en Europe en juillet, il a stagné en août avec seulement 30 % de voyageurs par rapport à la même période l’an dernier, selon A4e.  

La coordination entre États doit être « une priorité politique » pour l’Union européenne, a estimé Benjamin Smith, directeur général d’Air France-KLM et président d’A4e, ajoutant que les mesures anti-COVID-19 prises « sans aucune coordination au cours des six derniers mois [avaient] eu un impact dévastateur sur la liberté de circulation ».

« L’incertitude quant aux procédures appliquées à l’arrivée par les autorités » est un des freins au redémarrage, a estimé Patrick Ky, le directeur exécutif de l’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA).  

« Nous avons besoin d’une approche européenne commune », a-t-il ajouté.