(Washington) La croissance de l’économie américaine s’est avérée plus solide que prévu au 3e trimestre et a été révisée en hausse, à 2,1 % en rythme annuel, surprenant les analystes, selon une nouvelle estimation du gouvernement publiée mercredi.

Virginie MONTET
Agence France-Presse

Le département du Commerce a relevé de 0,2 point de pourcentage le rythme d’expansion de la première économie mondiale de juillet à septembre, les investissements des entreprises ayant été meilleurs qu’anticipés.  

Les analystes étaient plus pessimistes, s’attendant à 1,9 % de croissance, après 2 % au 2e trimestre et 3,1 % au 1er.

« Ces chiffres montrent que l’économie n’est pas sur le point de tomber de la falaise », a commenté Gregory Daco, d’Oxford economics. « Mais le ralentissement industriel mondial, la persistance des incertitudes commerciales et le léger gel de la croissance des revenus pointent vers un ralentissement de l’activité dans les mois qui viennent », a-t-il ajouté.

L’ensemble des biens et services produits par les États-Unis a totalisé en rythme annuel au 3e trimestre 21 542 milliards de dollars.

Les investissements des entreprises, qui avaient reculé de 3 % selon la première estimation, notamment à cause des tensions commerciales qui retardent les décisions, n’ont finalement décliné que de 2,7 %.

La consommation, locomotive traditionnelle de la croissance puisqu’elle représente 70 % du Produit intérieur brut (PIB) américain, est restée soutenue, avançant de 2,9 %, avec une forte hausse (+8,3 %) des dépenses dans les biens durables, comme les voitures ou équipements électroménagers.

Ces chiffres font écho à l’optimisme du patron de la Fed, Jerome Powell, qui a dépeint lundi des conditions économiques « généralement bonnes », assurant que la plus longue période de croissance américaine, qui a atteint 11 ans, était sur la bonne voie pour se prolonger.

A la fin du troisième trimestre, la Fed avait déjà abaissé deux fois les taux d’intérêt au jour le jour, avant d’opérer une autre réduction d’un quart de point de pourcentage en octobre.

« A ce stade de cette longue expansion, je vois le verre plus qu’à moitié plein. Avec les bonnes politiques, nous pouvons le remplir davantage », a-t-il affirmé.

Pause sur les taux

Ce relatif bon rythme de croissance confirme en tout cas que la Banque centrale entend faire une pause dans ses baisses des taux, même si le président, Donald Trump, continue de réclamer un crédit moins cher.

Après une baisse totale cette année de 75 points de base des taux au jour le jour qui influencent tous les autres crédits, Jerome Powell a estimé que ces assouplissements aidaient « déjà le moral des consommateurs et des entreprises » ce qui se voit, selon lui, dans l’immobilier et les dépenses de biens durables.  

Dans ces conditions, une pause sur les baisses de taux d’intérêt est quasi assurée lors de la prochaine réunion monétaire des 10 et 11 décembre.

« Dans l’ensemble, on s’attend encore à un ralentissement de la croissance à court terme, mais cet affaiblissement apparaît être plus graduel que ce que l’on attendait », a affirmé Michael Pearce, économiste pour Capital Economics. « Dans ce contexte, on peut s’attendre à ce que la Fed ne bouge pas », a-t-il ajouté dans une note.

Au 3e trimestre, le marché immobilier a confirmé sa progression (+5,1 %), la plus forte en deux ans, stimulé par ces bas taux d’intérêt.

En pleine guerre commerciale, les exportations, qui avaient chuté de 5,7 % au 2e trimestre, se sont redressées légèrement au 3e trimestre, à +0,9 % (contre +0,7 % pour la première estimation).

Les importations qui, en revanche sont à soustraire du PIB, ont également été plus fortes que précédemment estimé, progressant de 0,8 %.

Ces révisions positives ont été contrebalancées par une réévaluation à la baisse des dépenses du gouvernement, qui ont avancé de 1,6 % au lieu de 2 % pour la première estimation.

Le département du Commerce a, par ailleurs, publié l’évolution des commandes de biens durables pour octobre qui ont également été meilleures que prévu, progressant de 0,6 %, même sans le secteur volatil des transports, au lieu d’un recul de 0,7 % anticipé par les analystes.

Enfin, l’inflation annuelle publiée également mercredi est restée faible à 1,3 % en octobre, comme en septembre, selon l’indice PCE, très loin de l’objectif de 2 % que la Fed estime sain pour l’économie.