(Washington) Le président de la Banque centrale (Fed), Jerome Powell, a réaffirmé lundi qu’après les trois baisses de taux cette année, la politique monétaire était «au bon niveau» et «aidait déjà les consommateurs et les entreprises».

Agence France-Presse

Dans un discours à Providence, dans le Rhode Island, M. Powell a assuré que les taux d’intérêt fixés entre 1,50% et 1,75% étaient «situés au bon niveau pour soutenir un solide marché de l’emploi et le retour de l’inflation autour de la cible symétrique de 2%».

Dépeignant avec optimisme des conditions économiques «généralement bonnes», il a assuré que les perspectives étaient aussi «bonnes» pour un prolongement de cette période de croissance.

Les États-Unis profitent d’une croissance modeste mais relativement solide depuis 11 ans, la plus longue période d’expansion de l’histoire contemporaine du pays.

«À ce stade de cette longue expansion, je vois le verre plus qu’à moitié plein. Avec les bonnes politiques, nous pouvons le remplir davantage», a-t-il affirmé.

Selon lui, les pleins effets des baisses des taux, qui rendent les emprunts moins chers et favorisent investissements et consommation, «se feront sentir sur la durée». Mais il signale que ces baisses «aident déjà le moral des consommateurs et des entreprises» ce qui se voit, selon lui, dans l’immobilier et les dépenses de biens durables.

La consommation aux États-Unis est la locomotive de la croissance, représentant 70% de l’économie.

Alors que le président Donald Trump réclame encore davantage de baisses des taux, voire des taux négatifs comme en zone euro ou au Japon, le patron de la Fed a redit que le niveau des taux était «désormais approprié», excluant à nouveau une nouvelle prochaine baisse.

«Bien sûr, si de nouveaux événements devaient apparaître et conduire à une réévaluation de nos perspectives, nous y répondrons comme il se doit», a-t-il expliqué ajoutant : «La politique monétaire n’est pas sur une voie toute tracée».

Il a rappelé les risques auxquels fait face l’économie, principalement le ralentissement de la croissance mondiale et les tensions commerciales dues au bras de fer sino-américain.

«Nos contacts auprès des entreprises dans tout le pays nous disent que les incertitudes liées au commerce pèsent sur leurs décisions», a-t-il insisté.

Mais pour l’instant, alors que la croissance du 3e trimestre s’est établie à 1,9% en rythme annuel, «les prévisionnistes misent sur une expansion continue, un marché de l’emploi dynamique et une inflation proche de 2%», a rappelé M. Powell.